Médicaments
Sous le patronyme de Mitchella Repens, membre du collectif Au travail/At work, je présenterai une action en relation avec le citoyen dans les lieux publics et sur la rue dans la ville de Paris. C’est en travaillant auprès de chercheurs herboristes et aromathérapeutes que l’idée me vint de fabriquer des pilules que je préfère nommer capsule, pour promouvoir et faire connaître d’une façon ludique les pratiques utilisées en herboristerie. Cette pratique thérapeutique contribue à activer l’énergie vitale d’un organe ou d’un courant énergétique pour favoriser le retour à l’équilibre. Il est évident que mes formules sont compatible avec un rythme de vie plutôt naturel, elles ne prétendent pas guérir les maux comme le cancer et autres désordres majeurs du corps humain qui nécessitent une remise en question globale des habitudes de vie et un suivi auprès de professionnels de la santé. J’utilise le mot médicinal pour éviter d’être identifiée à la médecine traditionnelle. Les capsules que je confectionne sont composées de plantes biologiques broyées ou en poudre auxquelles j’ajoute quelques gouttes de différentes huiles essentielles selon les posologies. Il n’y a pas plus de produits actifs dans une capsule qu’il y en a dans une tisane thérapeutique. J’ai choisi de faire des capsules pour la fonction signifiante de l’objet, l’autre versant du comprimé chimique créé en laboratoire. De plus, partant du fait que je donne les comprimés je n’ai pas à porter la responsabilité civile lié au métier d’herboriste puisque j’agis dans un cadre artistique à l’intérieur duquel le public est libre de se prêter à l’expérience ou non. Mon geste se pose d’une façon discrète utilisant le nomadisme plutôt que la sédentarité. C’est un art modeste qui se glisse dans la poche ou sur la langue, s’assimilant aisément, il produit parfois des effets à long terme. Les fonctions de cette science semblent innombrables, autant d’espèces pour autant d’applications qui ne demandent qu’à servir ceux qui captent les courants subtils de l’art cueilli à même la source. La nature sauvage croit en silence, vivant en groupe ou isolé, au sein de l’urbanité autant que dans les régions isolées. La consommer c’est prendre part à cette beauté de souche, c’est boire l’instant vivant. Les formules sont spécifiquement élaborés pour des problèmes bénins. Les preuves que j’ai comme inscription de cette médecine dans le réel seront celle d’herboristes naturothérapeutes. Ex. de plantes utilisées : menthe poivrée, ginseng sibérien, cayenne, eucalyptus, chardon marie, astragale etc... de plus les quantités sont minime. En fait si tu me dis pourquoi tu as besoin d’une telle liste je pourrai peut-être trouver une solution.
À partir de plantes médicinales et d’huiles essentielles, je fais des comprimés médicinaux que je distribue aux gens dans le cadre d’une action que je réalise tantôt dans la rue, dans un parc, sur le campus d’une université ou encore devant un hôpital, un centre d’art. Je pose une action qui intéragit avec le public, je l’informe et lui offre l’opportunité d’expérimenter l’art autrement. Lorsqu’il pleut, je m’installe dans un café, une gare, un centre commercial, acteur invisible, humble scientifique, je travaille en tout lieu. Je détourne le geste quotidien vers l’action publique. Je m’installe ayant à portée de main, mortier, capsules, poudres, huiles essentielles, petits sachets et posologies. Cette petite pharmacie aisément transportable devient le laboratoire en valise, au moyen duquel je produis mes comprimés. Chacune des formules médicinales que je distribue est porteuse de soulagement, d’antidote, de déconditionnement voire d’ouverture. Elles s’appliquent à différents malaises et sont identifiées en fonction de symptômes spécifiques.
Quoique inoffensives et produites à partir de plantes médicinales et d’huiles essentielles, celles-ci s’avèrent efficaces et ne comportent pas d’effets secondaires nocifs, mais plutôt une action thérapeutique appréciable et bienfaisante. Partant de mes connaissances en herboristerie et en prenant conseil auprès de collègue de travail qui occupe des postes de chercheurs, j’ai élaboré des formules qui malgré le fait qu’elles soient présentées sous des appellations ludiques sont composées de plantes ayant des propriétés confirmées pour les maux courants. Chacune de ces formules médicinales est contenue dans une capsule végétale qui renferme un mélange de plantes médicinales et d’huiles essentielles. Je veux démontrer d’une façon récréative et sérieuse les pratiques utilisées en herboristerie contemporaine. Je me plie aux normes de celle-ci en utilisant des produits certifiés biologiques. En guise de référence, un billet informatif portant la mention de l’événement sera remis aux passants intéressés à mon action. Je me rallie à la tournée matinale des postières pour distribuer l’art médicinal dans les boîtes aux lettres. L’échantillon est accompagné d’une carte de visite faisant référence à la XV Biennale de Paris. (Idem que celle qui est présentée au volet 1) et d’une feuille d’observation au moyen de laquelle les usagers transmettront leurs critiques, commentaires ou observations. Une photo sera réalisée tout au long du parcours pour les deux volets de ce projet. |