Orlan
Née en 1947 à St-Etienne, vit à Lyon.
Etudes et formation
Professeur à l'Ecole des Beaux-Arts de Mâcon
Activités antérieures
1973, Musée de Wuppertal, Allemagne
1975, Foire internationale de Bâle
1976, Action, Galerie des Ursulines. Mâcon
1977, Galerie NRA Paris Musée de Caldas de Rainha, Portugal
1977, Paris, FIAC, le baiser de l'artiste
1977, Espace lyonnais d'Art Contemporain, Lyon
1977, Paris, mesurage de Beaubourg
1978, Paris, Lara Vincy Performance, Paris, Louvre
1978, Neue Galerie, Aix-la-Chapelle, Allemagne.
1979, Rencontre d'art corporel et de vidéo, Centre Pompidou
1979, Symposium d'art pertormance, Lyon
1979, Foire de Bologne, Galerie Pellegrino Foire de Bâle
1979, Venise, Palazzo Grassi
1979, Bruxelles, Cahier du Grif
1979, ARC (Musée d'art Moderne de la Ville de Paris)
1979, Goethe Institut
1979, ICC Anvers
1979, CAYC Argentine
Oeuvre présentée
Etude documentaire, nr 11, Le Drapé. Le Baroque avec Media, déclinaisons. vidéo, film. laser, diapo.
Orlan dit redit (se dit... séduit... médit) les thèmes iconographiques de l'art occidental. Dans des processions sacrales répétitives extrêmement lentes Orlan-corps-corps pur de Madona, apparition d'apparition donnée à voir, portée, transfigurée, drapée (draps du trousseau - sur-amidonnés) dernière carapace pour un être tendre afin de devenir marbre-sculpture. Six hommes la présentent sur un tableau, six hommes montrent cette vierge de pierre dont les hommes seuls ont sculpté l'image. Etre distante de cette image est aisé pour cette femme qui parle d'une histoire fabriquée par et pour les hommes. Orlan-corps est le matériel et l'instrument pour la mise en question de normes et de valeurs existantes. Orlan se mesure aux mythes : la mère, la pute, la Ste Vierge, l'artiste, elle se mesure à elle-même et en cela son travail est ancré dans l'identité. Au cours du déroulement de son action elle donne à ressentir le temps d'une autre manière dans un rythme très maniériste (très lent immobilité, très lent immobilité) avec l'accent des vidéos, du film, du polaroïd ; elle loue et se loue des médias et des déclinaisons redondantes, des traces et autre « trompe-l'oeil » de notre époque Le spectateur est happé dans une muvre baroque polysémique Sa lecture devra s'adapter sans cesse par les transformations et changements d'identité, les références, les connotations, c'est-à-dire le représentant et le représenté :« l'Art n'est plus un problème de support mais de rapport ». Le spectateur doit brusquement, imperceptiblement ou subtilement à travers le rythme qui structure sa performance (ruptures brutales ou fondu enchaîné) s'interroger et acclimater son interprétation avec le lieu, sa culture et son contexte sociologique (disqualification de nos certitudes.).
Orlan construit sa performance en deux périodes : une thèse et une antithèse sans « Happy end » ni conclusion. La 1ère partie est comme la critique de la seconde et réciproquement (du sacré au päien). Dans la 1ère partie, la Ste Orlan est portée en procession grandiose, dans la seconde. elle se roule dans le tapis rouge des reines et des saints. Dans la 1ère partie, la vierge ne montre que mains et visage ; dans la seconde, elle esquisse un déshabillage, montre un sein, sépare le corps et la tête de l'enfant qui est en pain et puis encore les drapés ressemblent à de la pierre et, de glissement en glissement. deviennent de misérables haillons (hardes magnifiques). Orlan nous renvoie sans cesse à l'histoire de l'art et à la représentation. Orlan nous donne de belles (de divines) images (de bon goût) et à profusion : de la fausse image, du pseudo, du néo, du faux, de l'illusion avec l'entêtement du peintre... Le Bernin est présent ainsi que l'audacieux baroque ou plutôt les baroques et leur théâtralité laissant libre cours à tout imaginaire - et dans cet espace temps qu'elle nous donne (avec peu de dit) - (le) notre imaginaire a toutes licences. Flor Bex, le 19 mai 1980.