Dimitri Alithinos
né en 1945 à Athènes, vit à Paris et Athènes.
Etudes et formation
Ecole des Beaux-Arts d'Athènes, Grèce
Accademia di belle arti di Roma, Italie
Ecole spéciale d'architecture, Paris, France
Expositions personnelles
1972 Studio 47 - Galerie « Desmos » - Athènes
1973 Galerie « Ora » - Athènes
Manifestations publiques
Mai-juillet 1974 - Paris « Evolution d'un point rouge dans l'espace ». suite d'actions dans la ville
Décembre 1974 - Août 1975 - Londres, Paris, Rome, Athènes « Couleur et influence psychologique », suite d'actions dans la ville
1975 - Yougoslavie : Colonie artistique de Stroumica
Octobre-Novembre 1975 - Athènes, Paris « Forme-lecture », suite d'actions dans la ville
Février 1979 - Athènes « Ecriture dans l'espace », Galerie « Desmos »
publication personnelles
« Au plus grand nombre possible »- Chronico 73
« Lettre ouverte à certains d'entre nous » Sima 314 1975 « Logos-Son », livre sonore - Athènes 1976
« Primo manifesto de l'armarte » à l'occasion de l'exposition à Modène et à Venise - Mars/Mai 1978
vidéo
1975, Genessis I, 1ère journée 13 min 2nde journée 13 mn., 7e journée, 12 mn.
1976, Genessis Il, 21 et 22e journée, du mois de Mai, 20 mn.
Oeuvre présentée
baroxisme/écriture
Dans ses interventions récentes, D. Alithinos poursuit son chemin vers la création d'espaces de sensibilité libres et immatériels : tel un héros antique sorti du mythe ange, dieu, homme, il retrace le domaine du sacré au juste milieu des villes ou des paysages, - ciel sur la terre -, rêves devenus palpables. A travers l'écriture baroque de ses gestes et déplacements, apparaissent les repères magiques autour desquels le rituel d'une nouvelle mythologie, d'un nouveau culte, pourront naître et exister - culte de l'homme, « seule-statue-à la liberté-vraie », centre de l'univers, cause et mesure de toute chose. Créateur de vie. Cet art - comme tous les autres qui lui ressemblent - est né optimiste quand il replace les nuages au milieu des chemins, ou qu'il affirme la suprématie du rêve sur le « réel », du geste libre sur la sclérose des habitudes, de l'homme sur la nature. Mais point anodin - déjà par sa décision de fonctionner hors de tout jeu de consommation, toute re-production, toute « utilité » immédiate, il oblige à le regarder d'une autre manière. Par le jeu des mouvements et attitudes qu'il met en scène et action, il oblige à regarder le monde d'une autre façon. A appréhender, derrière les nuages roses qui atterrissent au bon milieu de ce paysage - à la perspective « classique », « aérienne » - redevenu sur-naturel comme à l'aube des temps, la négation profonde de cette « nature » dénaturée, aseptisée et polluante à la fois, asphyxiante tout comme notre culture l'est Il dénonce de la sorte l'impersonnalité et l'immobilisme grandissants de nos gestes et paroles, le non-désir de nos communications, l'uniformisation de jour en jour plus répandue et internationalement institutionnalisée de nos « moeurs et coutumes », les servitudes enfin d'un système de vie et de mort de plus en plus répressif et étouffant. Créer de tels espaces-temps libres de restriction idéologiques, intervenir ainsi au beau milieu du culturel et du social, c'est vouloir réconcilier l'homme avec ses gestes quoditiens producteurs de blé aussi bien que de sens à l'intérieur des communautés humaines, c'est vouloir changer la vie. Vassia Karkayannis, Karabelias, mars 1980.