L'architecture à la Biennale de Paris
La Biennale de Paris expose à nouveau des oeuvres
d'architecture.
C'est un événement, car c'est reconnaître que le mouvement
architectural participe directement au mouvement artistique
de son époque, qu'il doit être confronté sans cesse aux idées
et aux créations de son temps.
Toute l'Histoire de l'Art nous rend compte de cette
confrontation, qu'il s'agisse de la création anonyme des
maîtres d'oeuvre, ou au contraire de celle d'artistes devenus
aujourd'hui légendaires, et qui, de Michel Ange à Le
Corbusier ont embrassé tous les arts de leur époque.
Mais, au-delà d'une telle confrontation, la section
d'architecture de la Biennale de Paris nous pose la question
même de l'Architecture.
Elle nous rappelle que sans sa dimension esthétique,
l'architecture ne peut exister, et que, réduite aux seuls
impératifs du fonctionnement et de la construction, elle
n'aurait plus sa raison d'être.
Mais, en même temps, elle nous rappelle qu'elle doit
s'élargir aux dimensions de la Cité et qu'elle doit être
aujourd'hui l'un des moyens et l'un des lieux où s'exprime
notre société.
Cette double approche caractérise je crois les oeuvres
présentées par la Biennale de Paris.
Elle a toujours été celle de la campagne des « mille jours
pour l'Architecture » lancée par le Ministère de
l'environnement et du cadre de vie, et c'est pourquoi cette
campagne vient supporter cette manifestation (et en même
temps être supportée par elle).
Je souhaite que le grand public, en découvrant les oeuvres
exposées, prenne conscience des véritables dimensions de
l'Architecture.
Je souhaite en même temps que les amateurs d'art habitués
de la Biennale ressentent la nécessité de commander une
oeuvre d'art pour abriter leurs oeuvres d'art, un abri aussi
merveilleux que celui que Louis Carre a demandé un jour à
Alvar Aalto.
Joseph Belmont
Directeur de l'architecture au Ministère de l'Environnement et du cadre de vie