Etudes et formation
1966-1969, Ecole nationale des Beaux-Arts de Tours
1970-1973, Ecole Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris.
Expositions personnelles
Galerie Stevenson/Palluel, 1977, Paris
Galerie Engström, 1980, Stockholm (Suède)
Expositions collectives
1975, Salon de la jeune peinture.
1976, Galerie Stevenson/Palluel. Travaux sur papiers. Peintures grands formats, Galerie Stevenson/Palluel.
1977, Internationale, Kunstierinnen, Berlin. Peintres français, Galerie Stevenson/Palluel. 4e rencontre de l'art contemporain, Portugal.
1978, Galerie Stevenson/Palluel. Peintures et travaux sur papiers.
1980, Peinture contemporaine française, Institut Français, Stockholm. Galerie Berens, Trêves, Allemagne. Artistes français et allemands. International festival of women artists, Copenhague, Danemark.
Collection publique
Centre National d'Art Contemporain (CNAP)
Bibliographie
Catherine Millet, « Peinture en Pluie », 1977, Edition SMI
Sylvain Lecombre, « Déborder/découper » 1978, Art-Press international nr 14
C. Dorval, « Les cahiers de la peinture », décembre 1977
Interview de Nina Weibull, « Die Expressen », février 1980, Stockholm, Suède.
Oeuvres exposées
« En passant par là du bleu au jaune », 1980, huile et acrylic sur toile, 3 m
« Plan découpé des lézards et des zèbres », 1980, huile et acrylic sur chassis, 2, 80 m
« Suite des soirs d'été », 1980, 3 m
Quoi qu'on ait dit et quelles que soient les illusions que l'on avait bâties au sujet des avant-gardes, il faut se rendre à l'évidence : elles se sont, pour la plupart, mises au service d'un ordre: avant-gardes historiques soumises à une instance politique (et cela concerne aussi bien les futurismes que le constructivisme, le surréalisme), ou formalisme soumis à la loi de l'art pour l'art. Support-Surface a été, en France, la dernière de ces avant-gardes, à la fois très politisée et prise dans la logique formaliste de l'auto-définition de l'oeuvre d'art. C'est par rapport à ce contexte qu'Isabelle Champion Métadier a dû commencer à travailler, c'est de lui qu'elle a dû chercher à se dégager. Le formalisme définit les éléments de la peinture : la toile, le châssis, l'espace rectangulaire, la couleur qui remplit cet espace ; il suffit ensuite d'assembler le puzzle. Le moins que l'on puisse dire, en regardant les oeuvres récentes d'Isabelle Champion Métadier c'est que les éléments du puzzle ne s'emboîtent plus.
Comment rompre avec le formalisme sans faire de sentimentalisme ?
(C'est-à-dire comment échapper à l'alternative : raconter la peinture ou raconter comme je me sens mal le matin en me levant). L'artiste dit que son travail actuel comprend « des références très précises à son expérience personnelle ». Mais l'histoire d'Isabelle Champion Métadier, parce qu'elle est avant tout celle d'un peintre, est aussi celle de l'histoire de la peinture et de toutes les expériences de tous les autres peintres qu'elle cristallise. Ainsi il me semble que les «peintures à l'éponge» qu'Isabelle Champion Métadier réalisait il y a quelques années étaient le point de rencontre à la fois d'une exigence technique, d'un souvenir de paysage, d'une référence au dripping. Cette pluralité, l'artiste aujourd'hui la fait glisser, envahir toute sa pratique celle-ci ramasse tout ce qu'Isabelle Champion Métadier y a déjà éprouvé (peinture à l'éponge et peinture en aplat, huile et acrylique, contrastes de jaunes et de bleus, passages de beiges), et tout ce que l'histoire y a déjà inscrit (dynamique suprématiste, « all over », « shaped canvas »). Parce que son objet dorénavant est de tisser entre tous ces éléments lectures historiques, nécessité plastique, métier, retours biographiques, un réseau de connections si serrées, d'allers et venues si inextricables, la peinture d'Isabelle Champion Métadier n'appartient à aucun de ces ordres. Mais elle les ouvre tous, comme ses tableaux qui sortent des tableaux qui sortent des tableaux, ouvrent une perspective dont le point de fuite est un point de non-retour. Catherine Millet |