Luciano Castelli
Ne en 1951 à Lucerne, Suisse, vit à Lucerne, Suisse.


Expositions personnelles
1971
Galerie Toni Gerber, Berne
1975
Galerie Stähli, Zurich, Suisse
Galerie de Appel, Amsterdam
Galerie t'Venster, Rotterdam, Pays-Bas
Expositions collectives
1971
Processus de pensées visualisées, Kunstmuseum, Lucerne,
Suisse
The Swiss Avant-garde, Culturel Conter, New York, USA
Biennale
de Paris
1972
Giovane Arte Svizzera, Rotonda Via Besana, Milan, Italie
Dokumenta 5,
Kassel, RFA
1974
Rapport der Innerschweiz, Helmaus, Zurich, Suisse
Transformer, Kunstmuseum,
Lucerne, Suisse
1975
Transformer, Museum der Stadt, Bochum, RFA
Collections publiques
Kunstsammlung, Bâle, Suisse Kunstmuseum, Lucerne, Suisse
Ville
de Lucerne, Suisse
Bibliographie
W. Sandberg, 73-7,1, Amsterdam 1973
Oeuvres présentées
Autoprésentations, 1974-1975 (photographies)
En gros, ce qui caractérise
l'œuvre de Luciano Castelli (né en 1951 est l'extériorisation
par l'image et par l'objet de comportements directement en rapport avec
sa propre personne. Dans une première phase (1969-1970), Castelli
étudie les phénomènes de la vision, les processus
biologiques. L'expressivité de l'acte d'isolement et la liaison
entre des interventions de même nature constituent la base créative
de I'œuvre de Castelli. La deuxième étape chez Castelli
(1971-1972), est celle de la restitution d'objets usuels, d'un emploi
quotidien, choisis en fonction de leur signification personnelle. Le critère
n'est pas la teneur poétique qui dérive des formes ou du
volume des objets qu'il utilise (en vue par exemple de constituer un répertoire
des objets susceptibles de satisfaire les besoins minimum), mais, avant
tout, sa volonté de réintégrer ces objets dans la
réalité quotidienne en les rendant utilitaires. Le mouchoir
reproduit dans l'argile ou le casque de motocycliste sont ainsi promus
au rang d'ustensiles à fumer le haschisch. La troisième
étape est celle de l'analyse, matérialisée par l'autoreprésentation
de l'image apparente et de la réalité de la personnalité.
Dans une première phase, Castelli, qui s'efforçait alors
de concilier les polarités « femme-femme », poussa si
loin le travesti que cela constitua une sorte de défi lancé
à son identité. L'expérience est concrétisée
par un grand nombre d'objets, d'aquarelles, de diapositives. La transposition
scrupuleuse d'objets d'habillement et d'ustensiles divers : chaussures
en peau de serpent, vestes pailletées, sacs à main, poudriers,
table de maquillage, modelés dans l'argile et rehaussés
de plumes, de strass, de paillettes, de clinquant et d'aquarelle, amenant
ces objets dans la zone limite de leur identité intrinsèque,
n'est pas l'aboutissement d'une recherche strictement mimétique,
mais la réalisation qualificative d'une somme d'expériences
vécues. L'autoreprésentation photographique qui suivit,
représente une activité exclusive, où la physionomie
du travesti apparait de plus en plus différenciée, peut-être
encore plus dure et irritante du fait que l'opposition masculin-féminin
n'est plus déjouée en tant que polarité donnée, la réconciliation fallacieuse permet, en effet, à une
multitude de phénomènes psychiques qui hantent quotidiennement
nos imaginations, de se manifester. Tout en considérant la logique
de I'œuvre, on ne trouve chez Castelli ni programme, ni méthode
sa prise de position, créative et esthétique, s'explique
par son aptitude à vivre en conformité avec ses conceptions,
par la connaissance intuitive qu'il a de ses propres caractéristiques,
ce qui crée chez lui un état de disponibilité permanente.
Castelli, et c'est là l'important, n'opère pas à
partir d'une distanciation de sa propre image pour la manipuler : son
art vit de l'identification à ses «fantasmes», lesquels
pénètrent de plus en plus notre univers imaginaire. Dans
une certaine mesure, son travail devient subversif, en ce sens que ses
photos hantent dangereusement notre subconscient , on a l'impression que
la sensibilité de Castelli débouche sur des voies nouvelles.
Jean-Christophe Ammann, « Masculin-féminin, physionomie
du travesti », Art actuel, éditions Skira, Genève
1975
Luciano Castelli, Autoportrait par déclencheur automatique,
1975
Luciano Castelli, Autoportrait par déclencheur automatique,
1975 |