Christian Jaccard
Né en 1939 à Fontenay-sous-Bois (Val-de-Marne), France, vit à Paris.
Etudes et formation
Ecole nationale des beaux-arts de Bourges, France (1956-1960)
Expositions personnelles
1962, Cabinet des estampes, Genève, Suisse. Galerie Cachet, Berne
1966, Galerie SMA, Genève.
1967, Maison de la culture, Bourges
1972, La figurologie 1968-1971, Musée de l'Athénée, Genève
Expositions collectives
1960-1965, Annonciades de Pontarlier, France
1963, Galerie V, Descombes, Paris
1964, Salon le Trait, Musée d'art moderne de la Ville de Paris. La jeune gravure, Cabinet des estampes. Genève
1969, Salon de Montrouge (Hauts-de-Seine), France. Maison de la culture, Bourges
1970, L'art et la ville, Pantin (Seine Saint-Denis), France
1972, Occupation à l'ENSEEIHT, Toulouse, France. Une journée dans la rue,
Perpignan, France. 72/72, 12 ans d'art contemporain, Galeries nationales du Grand Palais, Paris. Impact 2, Musée d'art moderne, Céret (Pyrénées-Orientales), France.
20 peintres et le groupe Textruction, Etrechy (Essonne), France. 9 peintres et le groupe Textruction, Ecole spéciale d'architecture, Paris (exposition détruite). Salon de la Jeune Peinture, Paris (toile décrochée et volée)
1973, ICA Gallery, Londres. Rencontres internationales, La Rochelle, France. Grands et jeunes d'aujourd'hui, Paris. Réalités nouvelles, Parc floral de Paris
Bibliographie
Catalogue de l'exposition au Musée de l'Athénée, Genève, 1972
Catalogue de l'exposition à l'ENSEEIHT, Toulouse, 1972
12 ans d'art contemporain, Editions des Musées nationaux, Paris, 1972
Impact 2, Musée d'art moderne, Céret, 1972
Jean Clair, Art en France, une nouvelle génération, Editions du Chêne, Paris, 1972
Oeuvres exposées
Empreintes rouges, 1972 (encre sur toile de lin, 550 x 400 cm)
Empreintes blanc/rose/bleu, 1972-1973 (encre sur toile rouge, 500 x 300 cm)
Plusieurs séries d'outils, 1972-1973 (fibres diverses)
Empreintes vert/rose/orangé, 1973 (encre sur toile blanche, 500 x 220 cm)
Empreintes et contre-plis, 1973 (encre sur toile bleue, 500 x 220 cm)
Empreintes et contre-plis, 1973 (encre sur toile blanche, 500 x 220 cm)
mars 1972
La représentation mentale d'un objet est comprise, appréhendée et connue comme le résultat d'un processus de réflexion. Cet objet de pensée peut être quelque chose qui est emprunté à la vie quotidienne. En tant que tel, son contenu et sa signification sont identiques à l'objet réel de l'expérience immédiate, parce qu'il se réfère à la chose même ; et différents d'eux parce qu'il est le résultat d'une réflexion ; où cette réflexion a appréhendé (c.à.d. choisi) l'objet à travers le contexte des autres objets ; et par le moyen de ces autres objets qui n'apparaissent pas dans l'expérience immédiate ; et qui expliquent l'objet de pensée
(objet thétique)
Ce processus mental choisit le concret, dans la mesure où il reconstitue l'objet particulier en établissant sa relation et sa condition universelles. Les situations diaboliques, les conditions répressives et l'aliénation dans lesquelles se trouve le magma humain avec son arsenal de production délirant, nous poussent à considérer l'objet thétique comme un moyen de définir et de marquer (tracer) l'appareil d'oppression. L'idée transcende par là l'apparence immédiate de l'objet pour saisir sa réalité effective. L'objet thétique : c'est ce qui permet d'accomplir l'acte (pictural) par le biais de l'empreinte et de concrétiser un processus de réflexion. Mettre-encondition/nouer/lier un quelquechose : c'est pratiquer l'expérience immédiate en premier lieu, et confectionner mentalement l'objet thétique ensuite. L'objet thétique est mobilier pictural et moyen d'action pictural.
Les empreintes de cordes figurent un passage/moment sur la toile. On reproduit sur la toile, par traces successives, ce que l'on montre par les cordes/ficelles liées (outils, instruments de connaissance) . On se sert du matériau corde pour produire un marquage et l'on expose ce matériau fait autrement, qui traduit un geste signifié comme oppression d'un moment. C'est la symbolique du geste, par exemple, mais aussi la forme la plus brute du geste soutendant un contexte mental ; c.à.d., idée de négation et oppression permanente qui veut unifier.
unifier = soustraire
soustraire = oppresser
La notion de différence repousse toute notion d'oppression qui tendrait à unifier tout espace de liberté. Le processus des répétitions faites manuellement sur la toile renforce l'idée de différence. Il est placé sur deux plans : plan physique, plan mental. Par conséquent, on montre le rapport entre le matériau cordes/ ficelles liées et le marquage sur la toile. L'un étant l'outil, l'autre étant le résultat d'un travail fait avec cet outil.
Christian Jaccard Londres, ICA, mars 1973

Christian Jaccard
Tressage / outil en fibre polyvinyles, 1972-1973