Yougoslavie
Commissaire national : Jerko DENEGRI.
Conservateur au Musée d'Art moderne de Belgrade.
Les options, que le Comité d'organisation de la Biennale de Paris
a proposé comme thèmes de l'exposition de cette année,
correspondent parfaitement aux tendances les plus actuelles d'un certain
nombre de jeunes artistes yougoslaves. Au cours de ces quelques dernières
années, les propositions de l'art conceptuel ont envahi brusquement
le terrain des arts plastiques yougoslaves. En même temps, se poursuivent,
sous des formes nouvelles, des recherches qu'on peut définir par
le terme d'intervention, dans un sens plus large. Mais les exemples d'hyperréalisme
manquent car n'existaient pas en-core les conditions nécessaires
à son apparition.
Le premier et le plus ferme noyau de la problématique de l'art
conceptuel en Yougoslavie se présente dans les activités
du groupe OHO de Ljubljana, dont les membres sont : Marko Pogacnik (1944),
Milenko Matanovic (1947), David Nez (1949) et Andraz Salamun (1949). Depuis
son apparition en 1969, le groupe est passé par plusieurs étapes
expérimentales - de la poésie visuelle et concrète
au happening et à l'art pauvre - et, suivant la logique de son
évolution le groupe est entré finalement dans le domaine
de l'art conceptuel qui, pour ces artistes, représente la possibilité
d'une communication humaine au moyen des media transmatériels.
Une des caractéristiques particulières du groupe OHO est
le mode même de l'action et du comportement de ses membres : en
ce moment, ils sont rassemblés dans une sorte de communauté
dans laquelle ils ont établi l'égalisation des normes artistiques
et des normes de l'activité de l'existence en général.
Le deuxième centre d'art conceptuel en Yougoslavie est Novi Sad.
Dans un milieu qui, au cours de ces dernières années, devenait
de plus en plus favorable, deux groupes se sont formés : KOD avec
Miroslav Mandic (1946), Slavko Bogdanovic (1948), Slobodan Tisma (1946)
et Pedja Vranesevic (1946) ; ensuite E, dont les membres sont Ana Rakovic
(1950), Cedomir Drca (1950), Vladimir Kapicl (1949) et Misa Zivanovic
(1950). La problématique essentielle de leur travail réside
dans les recherches sur le plan de la formulation des oeuvres conceptuelles
en utilisant les données de la théorie de l'information,
de la logique, de la sémantique et de la linguistique.
A Zagreb, Goran Trbuljak (1948) et Stobodan Dimitrijevic (1948), membres
du groupe « Le retraité Tihomir Simcic », ont défini
des propositions d'art conceptuel. Prenant pour hypothèse l'apparition
« accidentelle » de l'oeuvre d'art, ils rejettent peu à
peu les media matériels, avançant vers l'établissement
de communications spirituelles à travers des témoignages
purement verbaux.
Les jeunes plasticiens de Zagreb, Boris Bucan (1947), Dal ibor Martinis
(1947), Gorki Zuvela (1946) et Sanja Ivekovic (1949), qui ont choisi pour
option l'intervention dans l'ambiance urbaine, élaborent leur activité
sur les bases du mouvement de la Nouvelle tendance. Leur plastique est
faite de matériaux nouveaux. Son mode de formulation offre la possibilité
de nombreuses transformatiqns permanentes de l'objet et de l'espace, incluant
la participation active du spectateur.
Les recherches de Vladimir Bonacic (1938), qui résout les programmes
complexes de ses objets lumineux avec l'aide du calculateur électronique,
puis de Zoran Radovic (1940), qui dans son travail utilise les possibilités
de l'électronique, apparaissent comme une des conséquences
directes des expé-riences de la Nouvelle tendance, dans le sens
de la découverte d'une méthode plastique unissant les principes
scienti-fiques avec l'intention esthétique.
A part les différences importantes qui se manifestent dans la
forme des diverses recherches sur le plan de l'expression, une affinité
idéologique essentielle rapproche tous ces artistes : c'est l'abandon
radical, résolu, des termes habituels de la communication plastique
et le besoin de l'intéraction des disciplines artistiques diverses,
ainsi que la tendance à dépasser les catégories du
professionnalisme étroit. Leur comportement général
dans les travaux et dans la vie ne dévoilent pas seulement les
symptômes, de plus en plus évidents, de la formulation de
toute une série de langages artistiques nouveaux, mais surtout
des revendications sur le plan des conditions essentiellement différentes
de l'activité artistique, dans un sens social et culturel entièrement
inédit.
Karpo ACIMOVIC-GODINA
(films de cinéastes)
Slavko BOGDANOVIC
(concept)
Vladomir BONACIC
(intervention)
Boris BUCAN
(intervention)
Slobodan DIMITRIJEVIC
(concept)
Cedomir DRCA
(concept)
Sanja IVEKOVIC
(intervention)
Jovan JOVANOVIC
(films de cinéastes)
Vladimir KOPICL
(concept)
Tomas KRALJ
(spectacles)
Miroslav MANDIC
(concept)
Dalibor MARTINIS
(intervention)
Milenko MATANOVIC
(concept)
David NEZ
(concept)
Paul PIGNON
(composition musicale)
Vladimir PETEK
(films de cinéastes)
Marko POGACNIK
(concept)
Mirko RADOJCIC
(concept)
Zoran RADOVIC
(intervention)
Ana RAKOVIC
(concept)
Andraz SALAMUN
(concept)
Slobodan TISMA
(concept)
Goran TRBULJAK
(concept)
Pedja VRANESEVIC
(concept)
Misa ZIVANOVIC
(concept)
Gorki ZUVELA
(intervention) |