Suisse
Commissaire national : Jean-Christophe AMMANN.
Conservateur au Kunstmuzeum de Lucerne.
Dans les arts plastiques, la Suisse s'est manifestée à
plusieurs reprises à l'étranger, dernièrement au
Cultural Center de New York, avec 44 artistes d'âges et de style
fort différents. II va de soi que ces expositions qui tiennent
comptent de tous les styles, de la conception "idée"
à la conception "métier", sont les plus révélatrices
de la vie artistique d'un pays, sans pourtant pouvoir communiquer "l'image fascinante" d'une situation créatrice. Est-il superflu
de préciser que la Suisse compte, en gros, une partie alémanique,
une partie romande et une partie de langue italienne ?
Lorsqu'on procède à un choix avec le souci d'une représentation
égale, même dans un cadre comme celui de la Biennale, on
se heurte au fait qu'en Suisse alémanique la vie artistique, dans
ses tendances actuelles, est beaucoup plus intense qu'en Suisse romande
(pour ne parler que de ces deux grandes parties de notre pays). Déjà
l'exposition au Cultural Center de New York a suscité en Suisse
romande et surtout dans la "Gazette de Lausanne" une grande
discussion, étant donné que sur 44 artistes seulement 2
provenaient de cette région. Mais comme l'a écrit le directeur
littéraire de la "Gazette de Lausanne", c'est bien
un problème de l'organisation des villes et des musées
romands de combler les lacunes d'information et d'animer l'esprit créatif
par des expositions thématiques de grande envergure dans lesquelles
il faudrait alors inclure, si possible, des artistes romands. II ne faut
donc nullement s'étonner si, dans le secteur des arts plastiques,
on ne trouve que des artistes de Suisse alémanique. Par contre
nous avons retenu sur le plan du théâtre le groupe "théâtre création" d'Alain Knapp de Lausanne,
ainsi que le projet d'architecture de théâtre de Pierre et
d'Anne-Marie Simond également de Lausanne. L'hyperréalisme
est représenté, d'une part par de grandes toiles photographiques
de Burkhard/Raetz, de Lüthi et de von Moos, d'autre part les peintures
de Bânninger et de Schnyder. Chez Burkhard/Raetz la monumentalisation
de l'image banale devient image-objet.
La déformation que subit la toile, suspendue à deux crochets,
intervient donc directement et se constitue comme partie intégrante
de la toile. Chez Lüthi la projection de sa propre image correspond
à la tentative obsessionnelle de rejoindre son propre mythe, ce
qui mène à une objectivation de l'image qu'il se fait de
lui-même. Pour von Moos, n'étant pas photo-graphe de métier,
la photographie forme le moyen adéquat pour la transposition et
l'extension d'un sentiment filtré par une conscience hyperesthétique.
Bânninger : c'est un peu l'Arlo Guthrie de la peinture. Avec une
fraîcheur naïve et un sens de vie plein d'ironie et de sensibilité
il peint le canard et le cygne dans des contextes différents comme
symbôle d'un monde dénaturé. Schnyder n'a jamais fait
de peinture. Artiste conceptuel par excellence, il a décidé
de peindre trois tableaux : un nu, un paysage et une nature morte. Les
motifs classiques de la peinture. Cela pour bien marquer que ce n'est
pas le contenu qui l'intéresse, mais tout simplement l'expérience
de l'acte de peindre. Castelli travaille depuis 1969 sur les thèmes
de l'isolation et de l'altération. "Légende pour
le plan d'une ville", c'est dans l'image une confrontation mythique,
dans la pensée la dialo-tique de l'élément "isolation" (la bouche d'eau faisant partie de son vocabulaire plastique
et pictural)) et de l'élément "altération" (le feu), La conception du "théâtre création" correspond assez bien à ce que les organisateurs entendent
sous le terme d' " intervention", même si cette directive
n'est valable en soi que pour les arts plastiques. Le théâtre
d'Alain Knapp veut la participation active du spectateur (dans "improvisation") et celle de l'acteur dans la mesure où celui-ci
peut exploiter ses capacités réelles. Le rôle à
tenir sera "clarifié". II en va de même pour
le "théâtre intégré" de Pierre,
Anne-Marie Simond et de Eckart Frische. Leur projet de théâtre
se situe bien dans le contexte des interventions. Le jeune cinéma
connaît en Suisse un essor remarquable. Chaque année sont
présentés et jugés à Soleure les films de
court métrage les plus récents et chaque année leur
nombre s'accroît. C'est un fait, que la plus jeune génération
a choisi, en majeure partie le film, comme moyen d'expression artis-tique,
très souvent dans l'optique de l'engagement politique. Les films
présentés à la Biennale veulent en premier lieu montrer
les différents points de vue. Aux portraits "informatifs"
(Max Bill par Radanowicz) et anonymes (von Gunten), s'oppose le portrait
poétique (Alex S. par Murer). Ce qui, aurait dû être
un reportage encourageant sur la cavalerie tourne chez Imhoof soudain
en tragicomédie (Ormenis 199 + 69) ainsi que les jeux dans le sable
d'une île danoise chez KoIIor (FancHill). En ce qui concerne la
musique, nous trouvons une note très personnelle dans la conception
du jazz moderne chez Léon Fancioli et son orchestre de Lausanne.

Urs BANNINGER (hyperréalisme)

Balthasar BURKHARD (hyperréalisme)
Urs LUTHI
(hyperréalisme)
Luciano CASTELLI
(intervention)
Jean DELAFONTAINE
(scénographie)
Frische ECKART
(scénographie)
Markus IMHOOF
(films de cinéastes)
Alain KNAPP
(spectacles)
Xavier KOLLER
(films de cinéastes)
Fredy M. MURER
(films de cinéastes)
Georg RADANOWICZ
(films de cinéastes)
Jean-Frédéric SCHNYDER
(hyperréalisme)
Anne-Marie SIMOND
(scénographie)
Pierre SIMOND
(scénographie)
Peter Von GUNTEN
(films de cinéastes)
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