Suède
Commissaire national : Ragnar Von HOLTEN.
Conservateur de l'Office national des Expositions itinérantes (NUNSKU).
La Suède : un pays qui s'est donné pour tâche de
représenter, politiquement et socialement, l'Etat idéal.
Brochures d'information et revues exposent son développement technique,
la qualité de ses logements et du "design" suédois,
lequel considère que le fonctionnel a créé ses propres
formes de beauté. De leur côté, cinéastes et
acteurs présentent le paysage et le "péché" suédois: cela se vend. Mais le pays commence à
s'éveiller à la conscience politique, à se secouer
de son sommeil, à se reprocher son niveau de vie qui, parfois,
peut paraître atteint aux dépens d'autres peuples. Et voici
que soudain il est devenu aussi important d'avoir des opinions politiques
clairement formulées que d'acquérir une voiture, la télévision,
une maison de campagne ou un bateau. Parfois, de telles opinions vite
acquises sont considérées comme un "engagement"
au même degré qu'une position politique convaincue...
Les artistes sont engagés quand il s'agit de la politique mondiale,
de l'esprit de violence, de l'oppression policière, du système
pénitentiaire ou de la guerre au Vietnam. Mais, pour certains,
l'engagement se manifeste d'une autre manière : ils voient d'un
oeil critique les conditions qui règnent à l'intérieur
du pays - dégradation du milieu naturel, société
matérialiste, culture de masse et mépris de l'individu -
et ce sont-là sans doute des conditions caractéristiques,
aujourd'hui, de nombreuses "sociétés de bien-être" où l'aisance et la sécurité sont conçues
comme une théorie démontrable.
Ulf Wahlberg est un romantique sans illusions. Dans ses paysages, les
épaves de voitures se pressent avec les fleurs et les flaques d'eau
après la pluie. Les voitures, qui furent signes extérieurs
de richesse et bonheur familial, personne ne veut payer pour les faire
enlever. Elles demeurent ainsi dans le paysage, le marquent de leur empreinte
: il arrive que des fleurs y poussent. A l'ère des ordinateurs,
le progrès technique - qu'il s'agisse de machines ou d'urbanisme
- est à la fois effrayant et fascinant, incompréhensible
pour l'homme de la rue demeuré au stade du primitif. La mer devient
un but et une possibilité - on peut y fuir pour nager, faire de
la voile ou peut-être se noyer : la mer est encore immuable, du
môins en surface.
Petter Petterson se consacre à ceux qui sont en dehors de la société.
Garde dans une maison de santé, il s'occupe tous les jours de vieillards,
d'aliénés et de victimes de la drogue. Là où
les statisticiens ne voient jamais que des groupes, lui découvre
des individus. Vigilant et compatissant à la fois, il enregistre leurs traits
caractéristiques, leur silhouette avachie, leur apathie et leur
agressivité. Dans ces images choquantes d'êtres que l'Etat - providence ignore
- ou feint d'ignorer - se révèlent avec une égale
intensité le garde philanthrope et l'artiste. Celui-ci veut être
aussi objectif que Daumier (dans "La rue Transnonain"),
et cela aussi est de l'engagement - international en quelque sorte puisqu'il
s'agit de la condition humaine.
La participation suédoise à la Biennale de Paris, en 1971,
vise entre autres choses à compléter l'image trop souvent
embellie mais un peu plate de la Suède en lui donnant du relief.
Daniel BORTZ
(composition musicale)
Mats KIHL
(films de cinéastes)
Claes LUNDBERG
(films de cinéastes)
Petter PETTERSSON
(hyperréalisme)
Lars-Erik ROSELL
(films de cinéastes)
Erik SUNDH
(films de cinéastes)
Ulf WAHLBERG
(hypperréalisme) |