Japon
Commissaire national : Takahiko OKADA.
Critique d'art.
Depuis quelques années, au Japon comme ailleurs, les méthodes
d'expression conventionnelles se voient de plus en plus contestées
dans le domaine de l'art contemporain. Tous les artistes participant à
l'exposition actuelle, qu'ils aient chacun une individualité fortement
marquée et que les matières dont ils se servent diffèrent
les unes des autres, représentent cette tendance par leur volonté
commune de détruire les conventions. Mis en face d'une réalité
toute nouvelle, car une nouvelle époque signifie toujours une nouvelle
réalité, ils n'ont plus recours au langage conceptuel, comme
le faisaient la plupart des artistes contemporains. Pour parler plus exactement,
s'ils ont commencé des tentatives de contestation contre les conventions,
c'est qu'ils avaient compris que cette réalité qu'ils veulent
posséder refuse d'être touchée par un langage conceptuel.
Ado et Hara, tous les deux, veulent atteindre à une image absolue
et irremplaçable, en réduisant l'estampe à une couche
de couleur aussi mince et transparente qu'une membrane, en dépassant
ainsi l'expression abstraite, laquelle admettait des résidus de
sentimentalité. Ado vise à une harrnonie transparente,
tandis que Hara veut obtenir la transparence tout en restant sur un point
où il manquerait d'harmonie.
Enokura, qui essaie d'actualiser ce que la matière cache au regard
quotidien, fait répandre de l'huile sur un pan de mur pour que
celui-ci en soit imbibé, ou creuse la terre pour la conserver en
état d'humidité.
Koshimizu fait apparaître des coupures de matériaux élémentaires
tels que le papier, le fer, le bois et essaie de créer un espace
primitif.
Nakahira copie directement des formes qui se meuvent dans la nuit des
grandes villes et étale devant nos yeux le silence lui grouille
derrière.
Quant à Yoshida, il saisit le temps et l'espace qu'on lui accorde
ou qu'il a choisi lui-même. II déforme la réalité,
ou plutôt il essaie d'exprimer ses sentiments vis-à-vis d'une
réalité humble qui se refuse à être nommée.
On pourrait dire ainsi que les activités créatrices de
tous ces artistes sont fondées sur une volonté commune de
posséder la réalité dynamique, avant que celle-ci
ne soit prise par les réseaux du langage conceptuel. De là
découlent également leurs efforts de participer physiquement
à l'être de la ma-nère et la tension d'esprit qu'ils
montrent dans la poursuite (le ses moindres transformations.
Ces attitudes vis-à-vis de la réalité se retrouvent
également chez les scénographes qui exposent leurs oeuvres
sur le thème commun : "Pour un espace dramatique". II me semble, cependant, que la tradition artistique japonaise, qui avait
introduit dans la vie de tous les jours l'harmonie, la transformation
de la nature et l'être pur de la matière, respire secrètement
et malgré eux dans les oeuvres de ces artistes. Celles-ci apporteront peut-être une stimulation bienfaisante à
l'intelligence de l'Europe moderne et contribueront à la création
d'un espace synthétique où tout se mélange et se
pénètre sans toutefois perdre la transparence.
ADO
(peinture)
Kôji ENOKURA
(intervention)
Takeshi HARA
(gravure)
Juichi INABA
(scénographie)
Ichiyo KOMURA
(scénographie)
Susumo KOSHIMIZU
(intervention)
Tetsuhiko MAEDA
(scénographie)
Yasuhiro MIHARA
(scénographie)
Toskiaki MIYASAWA
(scénographie)
Masaichi NAITO
(scénographie)
Takuma NAKAHARI
(photographie)
Shinichi NEMOTO
(scénographie)
Masayuki SHIMADA
(scénographie)
Kesatoshi SHIMIZU
(scénographie)
Eiji TAHARA
(scénographie)
Sensuke TAJIMA
(scénographie)
Masahiko TOYOSHIMA
(scénographie)
Mitsurb YAMADA
(scénographie)
Sakae YAMADA
(scénographie)
Stomu YAMASHITA
(concerts)
Katsuro YOSHIDA
(intervention) |