Italie
Commissaire national : Achille BONITO OLIVA.
Critique d'art.
Dans l'existence d'aujourd'hui, l'individu ne peut faire autre chose
qu'opposer au monde l'anarchie de sa propre imagination.
En lui, la raréfaction
de la dimension esthétique est la conséquence consciente
du fait qu'elle est seulement une "entente cordiale" pour
la structure individuelle, c'est la conscience du fait que la structure
du monde présente des résistances stratifiées qui
signifient compétition agressive, consommations inéluctables
et violences. Les artistes savent désormais qu'ils ne doivent pas respecter
des codes de comportement, qu'au contraire, déjà, une attitude
préconstituée de liberté représente une petite
transgression en comparaison de l'attitude d'un imprévisible mouvement
de vie. En outre, ils ne croient pas à la catégorie de l'égalisation
art-vie, laquelle devrait dissiper la région privilégiée
de l'art, puisqu'aucune liberté n'est exercée en dehors
du système et du langage que celle-ci produit.
Ils veulent le silence sur leurs propres actions, non pas dans le sens
qu'ils agissent en dehors des institutions culturelles, mais parce qu'ils
veulent choisir d'une façon "situationiste" le comportement
à mettre en oeuvre et le territoire à couvrir. Ils ont compris
que c'est à eux qu'appartient la tâche de l'anarchie, de
la liberté à conquérir individuellement. Ils se sont
placés en dehors du développement du langage, où
seule est possible la répétition de la liberté fantastique
de la désinhibition des sens.
En effet, ils veulent suspendre tout processus d'évolution des
formes, pour soutenir un discours à la première personne
: un discours qui prétend avoir la durée du cycle biologique
de la vie. S'ils veulent cueillir la circonstance de l'existence, ils
se préoccupent évidemment d'exercer l'espace privé
de l'instant. L'évolution de l'art est à chercher ailleurs,
dans l'espace social de la ville, où le geste s'insère directement
dans la structure fonctionnelle du système. Une structure qui se
compose non seulement de fonctions économiques et extérieures,
mais aussi de modèles permettant de façon négative
une psychologie collective.
Mitscherlich nous a prévenu que la ville est un ensemble de cheminements
d'angoisse, et pourtant la révolte individuelle n'est pas en condition
de renverser l'anxiété ressentie dans la ville. Elle est
formée d'une série disloquée de centres de pouvoir
psychologique, qui déterminent la vie de chaque individu particulier.
Et l'individu ne peut pas, pour une raison d'échelle, frapper le
coeur de la ville, qui restreint le débordement fantastique. La
lutte à engager, c'est une lutte contre le présent historique,
qui mortifie la totalité anthropologique de l'homme et contre le
présent temporel qui, avec son écoulement instantané,
démembre la concentration de l'esprit et des sens. Par conséquent, le délire de l'artiste n'est pas qu'une
inutile agitation, mais au contraire représente la nécessité
de faire de sa propre action une mesure du temps en même temps qu'elle
s'y insère. La production de gestes esthétiques est le Jeu
lucide de la production de l'ironie. C'est la double conscience de la
relativité de sa propre activité et de la capacité
de totaliser en soi tout entier le cycle productif. "L'ironie,
c'est la passion qui s'affranchit dans le détachement" (Goethe).
Ainsi, la passion envers le monde devient aussi une libération
de la fausse totalité de la ville.
Si le monde des apparences n'est rien d'autres qu'un catalogage statistique,
la fantaisie de l'artiste affronte la fausse surface de l'apparence dans
le but d'y placer l'énergie invisible de l'imagination. "L'imaginaire n'est pas un mode de l'irréalité, mais au contraire
un mode de l'actualité, une façon de prendre en diagonale
la présence pour en faire ressortir les "dimensions primitives" (Foucault). Ainsi, ces artistes savent pouvoir combattre l'histoire,
et ils vivent en affrontant et en bravant leur propre présent,
dans une position déséquilibrée, afin de s'interposer
dans la dissolution impossible du temps, en s'étendant dans un
réseau serré d'instants, et pour combattre la mort de l'infini.
Carlo BACHI
(travaux d'équipe)
Dario BARTOLINI
(architecture)
Lucia BARTOLINI
(architecture)
Alighiero GOETTI
(interventions)
Achille BONITO OLIVA
(films d'artistes)
Andrea BRANZI
(architecture)
Pier Paolo CALZOLARI
(intervention)
Patrizia CAMMEO
(travaux d'équipe)
Gilberto CORRETTI
(architecture)
Paolo DEGANELLO
(architecture)
Lapo DINAZZI
(travaux d'équipe)
Gino de DOMINICIS
(intervention - films d'artistes)
Luciano FABRO
(intervention)
Girogio FONIO
(photographie)
Riccardo FORESI
(travaux d'équipe)
Mario FRANCO
(films de cinéastes)
Piero FRASSINELLI
(travaux d'équipe)
Mimmo GERMANA
(intervention - films d'artistes)
Jannis KOUNELLIS
(films d'artistes - spectacles)
Alessandro MAGRIS
(travaux d'équipe)
Roberto MAGRIS
(travaux d'équipe)
Titti MASCHIETTO
(travaux d'équipe)
Massimo MOROZZI
(architecture)
Paolo MUSSAT SARTOR
(photographie)
Adolfo NATALINI
(travaux d'équipe)
Marcello PANNI
(concept - spectacles)
Giuseppe PENONE
(intervention)
Mimma PISANI
(intervention - films d'artistes)
Alessandro POLI
(travaux d'équipe)
Giorgio PRESBURGGER
(spectacles)
Emilio PRINI
(concept)
Fredric RZEWSKY
(composition musicale)
Umberto SILVA
(films de cinéastes)
Cristiano TORALDO DI FRANCIA
(travaux d'équipe)
Gilberto ZORIO
(intervention) |