Guatémala
Commissaire national : Victor VASQUEZ KESTLER.
Chef du Département des Arts plastiques à la Direction générale
de la Culture et des Beaux-Arts.
Après les années quarante, les arts plastiques guatémaltèques
furent soumis à un brusque changement, lorsque les nouveaux artistes
cessèrent de peindre des paysages et des personnages du monde indigène
et colonial qui les environnait. C'est alors que surgirent les premières
manifestations d'un art qui va s'élargir jusqu'aux expériences
visuelles contemporaines. Au début naît un nationalisme romantique comme le fut le
muralisme mexicain, nationalisme qui prolonge les postulats d'un acte
de communication anecdotique. Certains artistes parviennent à extraire
une signification importante. D'autres, dans leur effort pour "être modernes", frappent aux portes de tout ce qui était
l'art né durant l'entre-deux guerres. De toutes ces portes, ils
ouvrent celle du surréalisme qui leur est le plus proche.
De tout cela naît une expression intense qui atteint le présent.
Les peintres qui débutent vers la fin des années cinquante
et le début des années soixante héritent d'un art
qui essaye de signifier un langage expressif de la substance américaine
qui se répercute universellement. Un double tournant se fait jour
durant la dernière décennie. Entre les artistes qui n'ont
pas encore quarante ans naît une manifestation tendant à
extraire une structure qui soit signifiante. Les uns, les moins nombreux,
suivront le cours des expériences qui conduisent à l'art
"abstrait", qu'il soit géométrique ou conceptuel.
Les autres, les plus nombreux, partant de l'informel, s'expriment
dans le cadre d'une nouvelle figuration, cherchant la manifestation vitale
de notre expérience humaine. Dâns les deux pôles, les
affinités avec quelques tendances universelles contemporaines sont
évidentes.
Roberto Cabrera, Marco Augusto Quiroa et Elmar Rojas sont des artistes
figuratifs qui tendent vers les nouveaux réalismes.
Cabrera emploie des collages et des techniques mixtes pour s'exprimer
figurativement avec des personnages agressifs et des compositions violentes
d'évidences lointaines et présentes. Son travail, où
les signes abondent, est sériel. Un même thème est
développé sans épuiser les significations latentes.
Quiroa peint des figurations ironiques d'un coloris intense et des formations
primaires. Le quotidien sera toujours présent, bien que beaucoup
de formes nous font penser à l'art populaire et à l'archaïsme
guatémaltèque. Sa plastique est directe, tant dans sa technique
que dans sa signification.
Rojas est plus subtil dans sa figuration tragique. Personnages et mondes
de la réalité immédiate se transforment en manifestations
de contestation. Son incursion dans l'abstraction lyrique se répercute
à présent dans la texture antropomorphe de ses figures.
Tous trois peuvent être considérés comme les représentants
les plus significatifs de l'expression d'un art qui se veut dans la réalité
et l'expérience historique guatémaltèque.
Roberto CABRERA
(peinture)
Marco Augusto QUIROA
(peinture)
Elmar ROJAS
(peinture) |