Colombie
Commissaire national : Mme Sylvia MALLARINO DE RUEDA.
Chef de la section des Arts plastiques.
Ministère de l'Education Nationale.
Né dans un milieu de vieille tradition picturale, l'oeuvre d'Alvaro
Barrios s'explique par une série de facteurs historiques, à
l'intérieur même du développement de l'art colombien
des trente dernières années. Comme la plus grande partie
des pays d'Amérique latine, la Colombie a vécu une période
difficile de transition entre sa propre expression artistique et celle
du monde contemporain.
En Colombie, une grande partie du travail de mise au point et d'actualisation
à échu à la critique d'art Marta Traba, qui, depuis
le Musée d'Art moderne de Bogota qu'elle a dirigé, a regroupé
toutes les générations artistiques dont on découvrit
l'importance dès les premières années soixante.
Alvario Barrios appartient à cette génération et
ses débuts furent marqués par l'influence des principes
esthétiques du pop'art, adapté au milieu latino-américain
: dans ses dessins à trois dimensions, tout un monde fantastique,
hérité de Bosch se mêle à l'imagerie populaire
latino-américaine, représentée sur les cartes d'anniversaire,
fleurs de velours, petits chevaux de plastique et une série d'éléments
qui enrichissent et relient l'oeuvre de l'artiste au milieu dans lequel
il s'est développé. L'environnement qu'Alvaro Barrios expose aujourd'hui (une carte géante
de Colombie, son écusson et son drapeau) appartient à ses
toutes dernières recherches, c'est le symbole d'un adieu à
jamais à l'art qui sévissait dans la Colombie d'il y a dix
ans.
L'évolution de la peinture de Santiago Cardenas est pareille à
celle de la peinture européenne depuis Courbet, dans le courant
réaliste; il a fait une synthèse personnelle de toute cette
évolution, arrivant de cette façon à des conclusions
qui font de lui un peintre, non seulement colombien, mais aussi un peintre
dans la tradition occidentale. II a commencé par une emphase de
la matière qui, graduellement, a libéré son oeuvre
de la fonction narrative. Dans une deuxième phase, il a réduit
les formes à des limites idéales ou géométriques
ainsi que l'exubérance de la matière. La troisième
étape est celle dans laquelle le peintre atteint une maturité
intellectuelle et technique, qui lui permet de présenter à
l'observateur la réalité qui existe dans le monde de l'artiste,
et par conséquence dans le monde de sa peinture. II s'approche d'elle et nous la montre avec toutes ses irrégularités,
ses erreurs et ses faits inattendus. Comme peintre de cette réalité,
Cardenas est prêt à ne pas idéaliser, à ne
pas jouer avec la poésie, puisque, en elle-même, sa réalité
est idéale et poétique. La réalité de la peinture
de Santiago Cardenas n'est pas la réalité naturelle. Elle
peut fort bien partir de cette dernière, mais c'est toujours sa
sublimation qui apparaît dans le travail déjà mûr
de l'artiste. |