Dessinateurs de presse
La photographie aurait dû reléguer le dessin de presse au
magasin des vieux accessoires. II faut pourtant se rendre à l'évidence
: il n'en est rien !
Pour ce quelque chose d'autre qui différencie l'oeil du photographe
(relativement) objectif de l'oeil du dessinateur (carrément) subjectif.
Pour ce quelque chose d'autre qui peut être caricature, charge,
satire - comme on voudra l'appeler -, ou même science-fiction, fiction
ou réalité.
Pour ce quelque chose d'autre qui fait du photographe un témoin
parfois un peu voyeur et du dessinateur un témoin, cumulant les
rôles d'éditorialiste et de commentateur.
Pour ce quelque chose d'autre qui fait la part belle à l'histoire,
parfois même à la poésie, mais surtout à la
critique, à l'attaque, à l'accusation, à la colère
sans laquelle rien ne serait supportable... .
... Pour tout cela le dessinateur de presse en dit plus que n'importe
quel cliché !
Parce qu'il égratigne, stigmatise, vilipende, dénonce, et
dénoncerait avec plus de violence si la censure ne lui rognait
la pointe du crayon (cf. les ennuis de "Hara-Kiri",
"Charlie-Hebdo", etc.).
Parce que l'insolence est le priviliège de la jeunesse (ou de ceux
qui savent rester jeunes).
Parce que l'insolence intelligente est un don, une nécessité,
... Et parce qu'être insolent c'est déjà être
libre...
... La Biennale 1971, - qui rassemble des jeunes plus avides que jamais
d'équité, de vérité, de liberté, plus
appliqués que jamais à remettre le monde et la civisation
moderne en question -, se devait d'accueillir (comme elle le fait depuis
1967), les dessinateurs de presse appartenant aux quotidiens ou hebdomadaires
les plus divers.
Ces journaux sont assez éloquents et leur audience auprès
du public suffisamment importante pour que l'esprit qui anime leurs dessinateurs
ne soit pas remis en question.
De plus, il faut un sacré esprit de synthèse pour analyser,
décrire, traduire, une situation en deux, trois, quatre coups de
crayon.
II faut un sacré sens du raccourci pour que l'anecdote soit saisie
au premier coup d'oeil.
Un sang froid de trapéziste, de danseur de corde pour ne pas craindre
de ramasser un "bide" : fasciner, intriguer, intéresser
sans présence effective, sans voix et quelque fois (la plupart
du temps) sans paroles... c'est de la témérité et
du grand Art !
Claude Bouyeure
ALESSANDRINI
Né en 1942 à Marseille (France)
AVOINE
Né en 1939 à Nevers (France)
André BARBE
Né en 1936 à Nîmes (France)
Patrice BONNAFFE
Né en 1947 à Charenton-le-Pont (France)
Claire BRETECHER
Né en 1940 à Paris (France)
Jacques CARDON
Né en 1936 au Havre (France)
Colman COHEN
Né en 1941 au Caire (Egypte)
Jean-Pierre DESCLOZEAUX
Né en 1938 à Sernhac (France)
Philippe DRUILLET
Né en 1944 à Toulouse (France)
Claude FAVARD
Né en 1937 à Bourges (France)
Pierre FERRIER
Né en 1939 à Saint-Jean-des-Vignes (France)
Alain GHERTMAN
Né en 1946 à Paris (France)
Jean KERLEROUX
Né en 1936 à Besançon (France)
Patrick MANDRAY
Né en 1950 à Pau (France)
Claude SERRE
Né en 1938 à Sucy-en-Brie (France) |