Concept
Le terme d' "art conceptuel", reste le plus souvent obscur
du fait de son emploi fréquent sans définition rigoureuse
préalable. Le choix effectué pour cette section de la Biennale
ainsi que le texte introductif qui l'accompagne sont des tentatives pour
établir cette définition. Sous le terme "art conceptuel" ont pu être rassemblées des formes d'art très
différentes sinon contradictoires comme le prouve l'historique
du mouvement. Dans un but de clarification, la notion d'art conceptuel
est ici volontairement restrictive et la présente manifestation
ne répète en rien certaines expositions ayant eu lieu auparavant,
en Europe. II a été décidé de ne pas retenir
les "projets" ou "attitudes" comme formes
d'art, généralement rattachés à l'art conceptuel
en fonction d'analogies superficielles. Le rejet de l'esthétisme
et la présentation de textes par l'artiste ne sont pas, en effet,
des conditions suffisantes à la production d'ceuvres conceptuelles.
C'est ce que s'attache à montrer le texte qui suit, à partir
de deux points de vue complémentaires; l'un tente d'expliciter
l'investigation de l'art par le langage; l'autre aborde le problème
de l'articulation pratique/théorie.
Justification historique
La nécessité d'un rapide retour en arrière se fait
sentir pour montrer que l'art conceptuel n'est pas un brusque bouleversement
des données artistiques. Par justification historique, on voudrait
dire que l'évolution de l'art n'est en aucun cas une succession
de ruptures, mais bien au contraire une évolution progressive possédant
sa logique interne. L'anti-art est une invention de critique fondamentalement
erronée. En remontant assez loin dans l'histoire, on constate que
les premières interrogations sur la troisième dimension
datent déjà de l'impressionnisme, en particulier certaines
oeuvres de Monet. L'espace de la peinture devient l'espace de la toile
elle-même dès qu'est posé le problème de la
figuration d'une réalité. Peu après en effet, le
peintre commence à déformer l'objet représenté
qui ne peut plus être identifié qu'au moyen du titre de la
toile. La logique de l'évolution aboutit à l'abandon complet
de références aux objets réels et à l'apparition
des formes non-représentatives. Mais la prise de conscience des
limites de l'abstraction (avec le carré blanc sur fond blanc de
Malevitch) ainsi que les circonstances politico-sociales entraînent
une profonde mise en question de l'objet d'art et par là du lieu
culturel à travers le mouvement Dada. Le porte-bouteilles de Duchamp
remet entièrement en cause la condition d'existence de l'oeuvre
d'art, la fonction du musée et la nature des oeuvres qui y sont
présentées.
En complétant ce rapide résumé par l'examen des principales
transformations survenues durant les vingt dernières années,
on s'aperçoit que sous des aspects apparemment peu cohérents,
l'art a évolué autour de quelques interrogations : la raison
d'être de la toile-châssis, la matérialité de
l'objet d'art, sa fonction d'objet esthétique, la mise en question
de l'image, la nécessité du travail manuel. L'abstraction
a atteint un seuil avec les monochromes de Klein et de Manzoni ou les
déchirures de Fontana et l'espace pictural était ainsi rejeté.
Ces artistes en avaient eux-mêmes pris conscience, Fontana avec
ses environnements de néon, Klein avec l'immatériel, Manzoni
enfin avec les "Merda d'artista" mises en boite ou le "Socle du monde". Parallèlement à ces "dernières" oeuvres abstraites, la figuration est revenue au premier plan,
avec une priorité accordée dans la thématique à
l'objet de consommation et à l'image publicitaire. L'étape
"minimale" qui fait suite au pop'art aux Etats-Unis est
en quelque sorte annonciatrice de l'art conceptuel. II y a en effet dans
l'art qu'on a appelé "minimal", le refus d'une recherche'esthétique
et une impersonnalisation du langage qui sont également le fait
de l'art conceptuel. Donald Judd, l'un des principaux représentants
de cette tendance, peut déclarer : "Deux choses comptent
dans toute forme d'art : son degré de généralité
et de spécificité ainsi que le mode d'apparition de l'une
et de l'autre. Cette généralisation et ce mode de production
doivent être dignes de foi. Je voudrais que mon oeuvre soit un peu
plus spécifique que ne l'a été l'art jusqu'à
présent et qu'elle soit spécifique et d'une portée
générale d'une façon tout à fait neuve".
L'art conceptuel est en quelque sorte le résultat d'une mesure
et d'une démesure. D'un côté, les actes en apparence
irraisonnés des dadaïstes consistant à reculer la limite
d'existence de l'oeuvre d'art et à donner la priorité à
l'idée artistique plutôt qu'à l'apparence plastique.
De l'autre, une extrême simplification des formes mettant au premier
plan la structure du langage artistique et la rigueur de cette structure.
Alfred Pacquement
Joseph KOSUTH
Vit aux Etats-Unis
Présenté par la France
Joseph KOSUTH
ART-LANGUAGE :
ATKINSON
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BALDWIN
HURREL
Présentés par la France.

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