Brésil
Commissaire général : Mauricio Roberto
Directeur du Musée d'Art Moderne de Rio de Janeiro
L'architecture contemporaine brésilienne a jusqu'à maintenant
joui d'une solide réputation dans le domaine international. Mais
il y a eu, au cours des dernières années, une réelle
progression de l'expansion naturelle, dont on peut chercher les principales
raisons à la fois dans changement de la capitale pour Brasilia, comme
dans l'essor économique de certaines régions et dans la création
d'excellentes écoles architecture dans la majorité des Etats
de la Fédération.
Assad, Forte Netto, Gandolfi, Lerner et Sanchotene, tous originaires du
Parana, illustrent ces nouvelles conjonctures culturelles et socio-écomiques.
Dotés d'un talent d'exception et d'une rare capacité d'invention,
en dépit de leur jeunesse, ils sont capables d'harmoniser parfaitement
la plus audacieuse proposition de construction avec une conception spatiale
et formelle du niveau le plus élevé. Leur architecture est
limpide et logique sans pour cela être simpliste.
Pour toutes ces raisons, ils méritent d'être les légitimes
continuateurs de la génération qui a su implanter les principes
de l'architecture moderne brésilienne, avec, en outre, l'avantage
de créer une architecture qui, sans perdre de sa substance poétique,
se fonde plus profondément sur le plan de la connaissance technologique.
Le travail qu'ils présentent à la Biennale de Paris est tout
à fait caractéristique de leur puissance créatrice.
La Cité-Pont qu'ils proposent, face aux caracteres d'Iguaçu,
cherchant à créer un centre touristique international ainsi
qu'une liaison entre le Brésil et l'Argentine au moyen d'une structure
comportant un espace vide de deux cents mètres de longueur, est une
idée qui réussit à rendre compatible lyrisme et technique
à la fois. Le projet est beau et intrépide, ainsi qu'on pouvait
l'espérer, sans pour autant négliger l'exécution, facteur
qui lui confère sa véritable dimension architectonique.
Marcus Konder Netto
Les trois oeuvres que le Brésil envoie à la Biennale de Paris,
et qui marquent la première participation de la musique brésilienne
à cette manifestation internationale, ont obtenu les trois Premiers
Prix au Festival de Musique de Guanabara. Elles représentent trois
aspects de la musique brésilienne postérieurs à Villa
Lobos et la consécration de deux importantes écoles de composition
du pays, celle de Camargo Guarnieri et celle de Koellreutter, professeur
et compositeur allemand qui rénova en 1939 la musique brésilienne.
Jose Antonio de Almeida Prado est un des meilleurs talents sortis de l'école
de Camargo Guarnieri. Parmi ses oeuvres principales on trouve la Passion
selon Saint-Marc, primée en 1968 comme la meilleure oeuvre de
chambre de l'année, Variations, récitatif et fugue pour piano, Chant élégiaque pour cordes, cuivres
et percussion, et Cantus creationes pour quatre groupes instrumentaux,
présenté à Washington en 1968 sous la conduite de Antonio
Taurielle. Les Petites funérailles chantantes, pour choeur à
quatre voix et orchestre, ont été composées en 1969
sur un texte de Hilda Hilst, à la mémoire du poète
Carlos Maria de Araujo.
Marlos Nobre, après une Mention d'Honneur reçue en 1959 au
Concours National de Composition, étudie à Rio de Janeiro
avec Koellreutter, puis avec Camargo Guarnieri. II reçoit une bourse
d'études de l'Institut Di Tella, de Buenos Aires, où il travaille
sous la direction d'Alberto Ginastera, Olivier Messiaen, Ricardo Malipiero,
Luigi Dallapiccola et Aaron Copland. Sa Cantate Ukrinmakrinkrin,
composée et jouée en première audition à Buenos
Aires, est devenue une oeuvre marquante de la nouvelle musique brésilienne.
Ses autres oeuvres sont le Quartete à cordes (1967), le Canticum instrumentalis (1968), Tropicalis, Variations
rythmique, Concerto bref pour piano et orchestre composé
en 1969 pour le premier Festival de Musique de Guanabara.
Lindembergue Cardoso apparaît comme un des principaux talents surgis
des séminaires de musique de l'Université de Bahia organisés
par Koellreutter. II est également instrumentiste. Ses principales
oeuvres sont le Trio pour piano, violon et violoncelle. la Messe
du Nord-Est, la Festa da Cana Brava, la cantate Fin du
monde et la Procession des Pleureuses composée pour
le Festival de Musique de Guanabara, dans laquelle il fait ressortir l'atmosphère
caractéristique des rites afro-brésiliens. L'oeuvre s'inspire
d'une procession religieuse à Bahia, où les pleureuses, ainsi
que dans les lamentations hébraïques, transforment leurs cris
dramatiques en musique.
Edino Krieger
Architecture et urbanisme
NOUVELLES PROPOSITIONS D'URBANISME
1969 (deux maquettes)
Ahrao Anis ASSAD
Né en 1940 à Parana (Brésil), architecte
Roberto Luiz GANDOLFI
Né en 1936 à Sao Paulo (Brésil), architecte
Jayme LERNER
Né en 1937 à Curitiba (Brésil), architecte
Lluiz Forte NETTO
Né en 1935 à Sao Paulo (Brésil), architecte
Jose Hermeto Palma SANCHOTENE
Né en 1943 à Rio Grande do Sul (Brésil), architecte
Composition musicale
Jose Antonio DE ALMEIDA PRADO
Né en 1943 à Santos (Brésil)
Pequenos funerais cantantes, 1969. Museu da Imagem e do Som
Cardoso LINDEMBERGUE
Né en 1939 à Livramento (Brésil)
Procission des carpideiras, 1969. Museu da Imagem e do Som
Marlos NOBRE
Né en 1939 à Recife (Brésil)
Concerto breve, 1969. Museu da Imagem e do Som |