Galerie Lambert
La figure humaine
« Je ne sais pas si je suis un comédien, un filou, un idiot
ou un garçon très scrupuleux. Je sais qu'il faut que j'essaye
de copier un nez d'après nature », disait Alberto Giacometti
le 18 octobre 1965, trois mois avant de mourir. Mais il disait aussi à
Pierre Schneider « Au Louvre avec Giacometti » : « Prenez
le contour qui va de l'oreille au menton : comment faire tenir sur une
toile, sur une distance de trois centimètres, une ligne qui a l'air
d'en avoir vingt? C'est humainement impossible » Désir de
représenter le plus fidèlement possible ce qui, entre toutes
choses réellement présentes, nous est apparemment le plus
familier: la figure humaine. Refus de toute ressemblance trompeuse, de
« tromper l'oeil ». Le rapport du peintre contemporain et
de son modèle est établi par ces deux exigences.
Mais si la figure humaine, si longtemps bannie de la peinture de notre
temps, y réapparaît aujourd'hui, c'est aussi pour y combler
des vides d'un autre ordre. Ainsi, les visages et les corps que nous présentent
ici des jeunes peintres de sept pays, témoignent du mythe - Lebenstein,
Baszkowski d'une expérience collective transposée Neizvestny
d'un univers onirique - Stancic, Jordan - de notre vie quotidienne vue
à travers le prisme de l'humour et de l'érotisme - Key Hiraga.
Baszkowski (Pologne), Bîelutin (URSS), Campi (France),
Csernus (Hongrie), Jordan (Yougoslavie), Key Hiraga
(Japon), Lebenstein (Pologne), Neizvestny (URSS),
Stancie (Youg.), Tomlison (Etats-Unis), Zuka (Etats-Unis).
Galerie Lambert
14 rue Saint-Louîs-en-l'Ile
75004 Paris
Exposition du 4 octobre au 4 novembre 1967.
Vernissage le mercredi 4 octobre de 17h00 à 21h00.
Tous les jours sauf le dimanche et le lundi
de 10h30 à 12h00 et de 14h30 à 18h30.