| Corée du Sud
Commissaire général : Seo-Bo Park
Professeur à l’Université Hong Ik - Séoul
En face des peintures et des sculptures de notre continent, il est de
bon ton, parmi les critiques et les amateurs occidentaux d’y déceler,
avant même de les apprécier en tant que telles, des caractères
spécifiquement orientaux et de regretter notre tradition que, d’après
eux, nous négligeons. C’est au point que toutes nos oeuvres
se rapprochant des tendances européennes actuelles se voient jugées
"occidentalisées", voire condamnées. Que tels ou tels
peintres français ou américains soient influencés
par la calligraphie orientale n’est pourtant pas considéré
comme un défaut; si nous nous aventurons à employer des
matières épaisses, par exemple, pourquoi nous étiqueter
de je ne sais quel nom, aujourd’hui illustre? D’où
viennent ces préjugés? Assimiler de nouvelles tendances
de tout horizon, ce n’est pas forcé ment refuser ou abandonner
notre tradition propre. Bien au contraire, car celle-ci ne prévaut
vraiment que par des remises en cause successives; elle est toujours à
renaître, transformée par la lumière de chaque époque.
N’existe-t-il pas en vérité en Occident un certain
esprit de colonialisme artistique qui rêve encore de dominer? Et
ne voit-on pas là des signes de défaillance, ou mieux, de
crise dans l’art occidental d’aujourd’hui? Il en résulte
que notre époque, faute de mieux se lance dans des aventures sans
lendemain, à la recherche de l’inouï. Nos jeunes artistes
y échappent-ils? Je ne sais trop.
Toujours est-il que la situation
actuelle de notre art vivant reste assez ambiguë. Il y a, je crois,
chez la plupart des jeunes, une sorte de décalage entre leur tempérament,
voire leur sensibilité, et les moyens d’expression qu’ils
se proposent. Voilà tout le drame qu’ils doivent surmonter
coûte que coûte. La recherche d’une nouvelle synthèse,
dirait-on. Soyons modestes! Modestes sont en effet nos oeuvres choisies
pour la Quatrième Biennale de Paris; elle le sont, en ce qu’elles
ne proposent rien de très nouveau. Mais elles sont des plus représentatives
de la jeune génération. Elles portent la marque de son sentiment
tragique du monde que les artistes entendent exprimer avec humilité.
Cette humilité s’accompagne chez eux non pas de la soumission
à la réalité, mais de l’acceptation courageuse
de celle-ci. Leurs révoltes ne s’extériorisent pas
en des impulsions faciles, leurs passions ne se crispent pas, tout en
restant vivantes comme le feu dans le ventre de la terre. Ces considérations
me ramènent à une constatation fort banale mais, à
mon sens, toujours essentielle que dans l’oeuvre d’art, ce
qui l’emporte, c’est la "qualité", je
veux dire cette résonance secrète qui émeut l’âme.
C’est de ce point de vue, si je ne me trompe, que notre Commissaire
général a établi son choix et encore avec une autre
intention non moins heureuse : de donner un ensemble cohérent,
non pas panoramique et éclectique, d’une lignée spirituelle
sensible à la réalité angoissante, notre réalité
à nous.
Lie - Yill
Peinture et dessin
Sang-Hwa CHUNG
Né en 1930 à Yeung-Denk (Corée)
Peinture X, 1965 (huile, 130 x 97)
Peinture Xl, 1965 (huile, 146 x 112)
Chong-Hyun HA
Né en 1935 à Chin-ju (Corée)
Amulette V, 1965 (huile, 162 x 112)
Amulette Vi, 1965 (huile, 162 x 112)
Vung-Vul JUNG
Né en 1932 à Kwang-ju (Corée)
Peinture XXII, 1965 (huile, 146 x 112)
Peinture XXIV, 1965 (huile, 142 x 112)
Yang-No LEE
Né en 1930 à Dae-Denk (Corée)
Peinture CIX, 1965 (huile, 146 x 112)
Peinture CX, 1965 (huile, 146 x 112)
Sculpture
Man-Rin CHOP
Né en 1935 à Séoul (Corée)
9 Eve, 1964 (bronze, 110 x 45 x 45)
Chong-Bae PARK
Né en 1935 à Massan (Corée)
Sculpture LXLIV, 1965 (fer soudé, 70 x 50)
Sculpture LXLV, 1965 (fer soudé, 90 x 28)
Gravure
Chong-Hak KIM
Né en 1937 à Shin-Eui-Ju (Corée)
12 X 777, 1964 (gravure sur bois, 45 x 80)
13 X 888, 1965 (gravure sur bois, 45 x 80) |