Maroc
Commissaire général : Fatmi El Fathemy
Attaché Culturel
près l'Ambassade du Maroc à Paris
Commissaire général
adjoint : Mme Naïma Khatib
Directrice des Musées et des Antiquités
du Maroc
Donner une idée assez précise du mouvement d'art plastique
du Maroc ne va pas sans soulever certaines difficultés. Les organisateurs
de la participation du Maroc à la IIIe Biennale se trouvaient
devant le dilemne suivant : réduire le nombre d'artistes et exposer
le plus grand nombre d'oeuvres, donnant ainsi aux visiteurs et aux critiques
plus de matières pour juger en connaissance de cause ; ou, au contraire,
faire participer plus d'artistes, dans cet étroit espace de cimaise,
en réduisant le nombre des œuvres de ces derniers. Chacun
des choix était aussi arbitraire, l'un que l'autre. Sans méconnaître
les inconvénients qui en découlent, le Maroc a, pour sa
part, choisi la deuxième éventualité, permettant
ainsi à ceux qui s'intéressent à la vie des arts
plastiques au Maroc, par un "éventail plus large" d'avoir
une idée - imprécise et vague, certes - des multiples moyens
techniques et styles de nos jeunes artistes, et partant, des voies possibles
qui s'ouvrent à l'art marocain de demain. Un deuxième critère,
qui nous a guidés dans notre choix, est un dosage assez minutieux
entre les peintres connus dé la Biennale (Cherkaoui, Bennani, Belkahia,
El Biaz) dont les œuvres permettent de saisir l'évolution
accomplie, par ces jeunes artistes depuis les deux dernières Biennales
et des jeunes qui y participent pour la première fois (Ouaknine,
El Moznino, Amar, Neghara). Quant à Gharbaoui, connu de la Biennale
comme peintre abstrait, il s'adonne, depuis une année, à
la sculpture. II nous a permis d'exposer ses deux premières œuvres
de ce genre. C'est un fait connu que les religions sémitiques (musulmane
et hébraïque) interdisaient la repré-sentation de la
nature ; ainsi, ceux qui s'intéressaient à l'art ne pouvaient
évoluer que dans le cadre de la décoration géométrique
ou florale, de même que celui, minutieux et compliqué, de
la calligraphie. L'art arabo-islamique, devait, nécessairement
aboutir à l'art abstrait. En effet, transposer cet enchevêtrement
de lignes droites et de lignes courbes, ce chatoiement harmonieux de couleurs
des mosaïques des salons arabes, ces multiples combinaisons ornementales
de l'art épigraphique, issu de la souplesse des lettres arabes,
des murs des mosquées ou des pages des livres religieux, au chevalet,
il n'y avait qu'un pas à franchir. Certains l'ont fait. Cependant,
aux préoccupations plastiques et esthétiques tout court,
s'ajoute ici, le message. Une partie de l'objet qui s'offre au regard
de l'artiste est analysée, détaillée, approfondie
dans sa signification humaine. Cette signification que le peintre essaye
de nous communiquer. Cette abstraction est loin d'être un tatouage
simple ou de la mosaïque ornementale et folklorique primitive.
Abstraction oui, mais abstraction-signification ou art abstrait-signifiant.
Certains, au contraire, appréhendent l'objet dans sa totalité,
suivant en cela la trace de leurs aînés européens.
Par des moyens fort simples et une technique qui est encore à la
recherche d'elle-même, ils s'efforcent de nous faire participer
à la quête de leur idéal. Objectifs ou abstraits signifiants,
nos jeunes artistes restent de leur temps. Leur préoccupation n'est
pas l'art pour l'art, mais l'homme : l'homme dans son angoisse et sa peur
(apocalypse atomique, explosions de colère), dans son espoir (chant
du coq), dans sa "soif" de vivre, dans son désir de
jouir de la beauté et des délices de la vie (et Dieu créa
la femme), de la "paix" universelle dans un monde uni (le couple),
fraternel ou règne la solidarité.
Fatmi El Fathemy et Naïma Khatili
----------------------------------------------------------------------------------------------
Section arts plastiques
Peinture et dessin
Mohamed AMAR
Né en 1934 à Salé (Maroc)
Paix, 1963 (cire, 120 x 50)
Farid BELKAHIA
Né en 1934 à Marrakech (Maroc)
Couple, 1962 (huile, 84 x 64)
Solidarité, 1962 (huile, 64 x 50)
Mohamed BENNANI
Né en 1938 à Fès (Maroc)
Impression nocturne, 1962 (huile, 46 x 100)
Karim BENNANI
Né en 1936 à Fès (Maroc)
Coq, 1962 (huile, 79 x 62)
Ahmed CHERKAOUI
Né en 1934 à Boujad (Maroc)
Menace de la fleur, 1962 (huile, 116 x 81)
Porte Verte, 1963 (aquarelle, 51 x 66)
Porte Rouge, 1963 (aquarelle, 51 x 66)
André ELBAZ
Né en 1934 à El Jadida (Maroc)
Apocalypse Atomique, Composition n° 26 B, 1962 (huile, 92 x 60), coll. Galerie S. Benichou
Elmoznino HAZDAI
Né en 1933 à Safi (Marco)
Et Dieu créa la femme, 1963 (huile, 46 x 61)
Explosion et Colère, 1963 (encre de chine, 97 x 59)
Megara MEKI
Né en 1932 à Tétouan (Maroc)
Moussem, 1963 (huile, 81 x 66)
Serge OUAKNINE
Né en 1943 à Rabat (Maroc)
La soif, 1963 (huile, 105 x 60)
Sculpture
Jilali GHARBAOUI
Né en 1930 à Jorf-el-Melh (Maroc)
Sculpture 1, 1963 (tôle découpée, 27 x 40 x 007)
Sculpture 2, 1963 (tôle découpée, 30 x 12 x 007) |