Corée
Commissaire général : Kim Tschang-Yeul
Directeur de la Section
de peinture occidentale à l'Association des Beaux Arts de Corée
du Sud.
Pour la deuxième participation de la Corée : deux peintres,
un sculpteur et un graveur. Mais où en est la tradition, tout au
moins artistique, du "Pays du matin calme ?" Enfermée,
étouffée, elle est là, dans une coquille de convention.
Heureux ceux qui savent en dégager l'esprit et la sensibilité
originels ! Dire que nos jeunes artistes aient tous réussi cette
tâche serait peut-être aller trop loin; toujours est-il que,
conscients ou inconscients, ils se nourrissent à ces sources lointaines
et profondes. Le goût de la profondeur spirituelle, de l'espace
démiurgique en suggérant à peine une lumière
naissante chez Seo-Bo Park ; les lignes ondoyantes, tracées avec
grâce, cette grâce naturelle qui se dégage des bras
d'une danseuse classique chez Myeung-Ro Youn ; tout cela, n'est-ce pas
des vertus propres à notre pays ? En plus, l'équilibre quasi
symétrique, intériorisé chez l'un et toujours rythmique
chez l'autre, prédomine dans leurs oeuvres. Cette qualité
non moins spécifiquement coréenne, est également
cohérente dans les sculptures de Ki-Won Tschae, dont se dégage
une finesse rare presque féminine. Ceci dit, tous sont préoccupés
par une idée plus exigeante, à savoir, libérer notre
art de l'esprit conventionnel, lui faire rejoindre les mouvements universels
de notre époque en affrontant des recherches esthétiques
nouvelles. Par eux est désormais cassée cette coquille délibérément
retournée vers le passé. D'où cet engouement pour
l'art abstrait, à peu près unanime parmi les jeunes. D'où
cette inclination pour la matière, alibi de l'existence spirituelle.
Tantôt, les formes stagnent comme des résidus d'une âme
tourmentée, en contrastant avec le fond longuement travaillé
et imbibé d'incandescence intérieure (Park) tantôt,
le relief joue savamment avec la forme celle-ci restant néanmoins
tangible (Youn). II est à remarquer, par ailleurs, que dans la
peinture de Youn, âgé de 27 ans et épargné
par la tragique guerre de Corée, revit curieusement la réminiscence
de la mythologie orientale.
Mais la conversion de nos jeunes artistes à l'art abstrait n'est
rien moins que naturelle, puisque chez nous, comme chez d'autres orientaux,
sa virtualité existait depuis toujours. Nous pouvons dire, entre
autres et non sans fierté, que nos artistes ont, d'une part, un
sens plastique fort développé, cela sans doute grâce
à la discipline calligraphique, et d'autre part, un sens particulier
de l'espace, ceci certainement grâce à l'amour de la nature,
cette nature dans l'esprit le plus pur. Voilà pourquoi, bien que
s'assimilant à l'art actuel occidental, le nôtre s'en distingue.
Nous y ajoutons : esprit de recueillement, lyrisme sans emphase, inné
mais toujours retenu, et enfin cette tenacité silencieuse qui garde
en elle les secrets venus du fonds des âges.
Lie-YII
Critique d'art
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Section arts plastiques
Peinture et dessin
Seo-Bo Park
Né en 1931 à Ansung (Corée)
Primordial n° 1, 1963 (huile, 150 x 120)
Primordial n° 2, 1963 (huile, 150 x 120)
Myeung-Ro Youn
Né en 1936 à Chung-Eup (Corée)
Peinture M11-1963, 1963 (huile, 150 x 120)
Peinture M12-1963, 1963 (huile, 150 x 120)
Sculpture
Ki-won Tchae
Né en 1935 à Séoul (Corée)
Sculpture n° 1, 1963 (bronze, 90 x 20 x 20)
Sculpture n° 2, 1963 (bronze, 85 x 30 x 30)
Sculpture n° 3, 1963 (bronze, 80 x 15 x 10)
Gravure
Bong-Tae Kim
Né en 1937 à Pusan (Corée)
Gravure n° 7, 1963 (zinc, 40 x 55)
Gravure n° 8, 1963 (zinc, 40 x 55)
Section décoration théâtrale
Youn Ho Choi
Né en 1929
Le malade imaginaire, 1963
Hwa Je Kim
Né en 1940
Henri IV, 1963 |