Congo Brazzaville
Le Congo Brazzaville possède une véritable pépinière
d'artistes peintres. Cette pépinière est née en 1955
de la réunion, autour de M. Pierre Lodz, fondateur de l'Atelier
d'Art Africain de Poto-Poto, dit encore École de Poto-Poto, de
jeunes gens de Brazzaville, au début une dizaine, attirés
par l'ambiance de fermentation artistique intense suscitée par
M. Lodz et épris de formes et de couleurs. C'est de ce dernier
qu'ils tiennent les principes de base du dessin et de la peinture. Néanmoins,
si la plupart des peintres actuels ont subi à des degrés
divers l'influence de M. Lodz, peu des meilleurs sont restés fidèles
à leur "École de Poto-Poto", préférant
conquérir une indépen-dance très chère à
leur âme africaine, tant sur le plan de la technique que sur le
plan des conditions de travail. Si les peintres congolais sont nombreux,
il en est encore insuffisamment qui aient atteint le stade de l'affirmation
d'une personnalité artistique originale. La fraîcheur de
leur expérience, leur formation en vase clos, à Brazzaville,
au sein d'un public assez indifférent, une certaine tendance à
se cantonner dans la reproduction trop fidèle de thèmes
à touristes et par voie de conséquence le défaut
de renouvellement des sujets, en sont les raisons majeures. Ces raisons
d'ailleurs ne diminuent en rien, bien au contraire, le mérite
des artistes peintres congolais qui continuent ainsi à oeuvrer
avec ferveur et tenacité. Gotène a été choisi
en raison de la qualité et de la valeur de son talent, dont l'avenir
apparaît certain. Le talent de Gotène s'est orienté,
dès ses premiers pas dans l'art pictural, vers un esprit décoratif
qui devrait s'accorder semble-t-il parfaitement avec ce tournant de sa
vie que représente pour lui le fait d'avoir été choisi
par le Maître Lurçat. Enseignement magistral dont il est
à espérer que la jeunesse de l'artiste saura tirer tout
le parti profitable. Notre jeune congolais procède instinctivement
à la manière des verriers du Moyen-Age, auteurs de vitraux,
par aplats de couleur audacieusement confrontés et séparés
d'un trait incisif en de larges compositions presque abstraites, d'où
se dégage la nostalgie des légendes de son pays. Parfois,
aussi, Gotène se risque dans le personnage, mais il se cantonne
dans ce qu'il voit, ce qu'il connaît : le folklore local, les danses
en particulier.
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Section arts plastiques
Peinture et dessin
Marcel Gotene
Né en 1939 à Yaba (Congo)
Femme perdue au cimetière, 1962 (gouache, 60 x 80)
La mort du poisson, 1963 (gouache, 60 x 80) |