Iran
Commissaire général : Akbar Tadjvidi
Peintre, attaché à l'Administration Générale des Beaux-Arts
De nos jours les tendances artistiques en Iran sont si diverses qu'il est toujours très délicat pour un commissaire, chargé d'en faire la sélection, ce s'en acquitter sans mille scrupules, étant donné que son choix doit seter sur un ensemble aussi représentatif que possible.
D'autre part, l'espace dont la IIe Biennale de Paris dispose rend cette tâche plus difficile encore. Désirer remédier à cette Wune en se bornant à envoyer un nombre restreint d'ceuvres est, ainsi que nous l'avons vérifié lors de la Biennale précédente chose vaine et ne donne aux visiteurs et aux critiques d'art qu'un aperçu suffisant de l'art de chaque artiste.
Nous avons donc décidé de ne présenter cette année que trois jeunes artistes, afin de permettre une sélection plus large et plus significative de leurs oeuvres et de donner une vue assez concrète de quelques-uns des ples aspects précités. Deux d'entre eux, Zendeh Roudi et Chahvagh, déjà participé à la Ière Biennale et le troisième, Nazarian, est un artiste dont l'oeuvre devrait être considérée comme le prototype de l'art. de bon nombre de jeunes talents iraniens en quête des voies nouvelles. Il est parfaitement imprégné de la culture occidentale qu'il a bien su mettre au service de l'expression de son talent profondément oriental. Nazarian possession d'une riche technique picturale qui lui permet de s'exprimer aisément ; toutefois, l'indépendance de sa personnalité d'artiste ne lui permet pas de rester dans le cadre de son éducation académique. Ainsi, outre la plasticité indéniable de son style, on constate dans ses oeuvres une agréable poésie lyrique le rattachant à la lignée de Hafez et de Nezami, dotant ses d'un sous-univers artistique rare de nos jours. L'évolution de l'art de Zendeh Roudi est étonnante depuis sa participation à l'exposition d'il y a deux ans; sa manière quasi académique d'antan a laissé place à une éclosion très heureuse de sa personnalité. Pendant un an de travail acharné, il a produit un nombre considérable d'œuvres d'une rigueur déconcertante, oeuvres dont la connaissance nous paraît opportune à quiconque désirerait suivre le mystérieux dynamisme de l'inconscience de l'artiste aboutissant à ses efforts actuels ; nous nous sommes contentés d'en représenter deux spécimens. Brusquement, comme hanté par des esprits, il laissa de côté la brosse et la toile pour s'attaquer à d'immenses aquarelles bizarres, sortes de grandes empreintes d'incisions dans lesquelles la couleur est souvent obtenue par des traits d'une force magique qu'on ne retrouve que sur certaines des anciennes amulettes et sur des pièces à l'usage de l'exorcisme. On l'a vu, à sa dernière exposition de Téhéran, se réjouir d'étaler devant les yeux hagards des visiteurs d'interminables rouleaux, de quinze mètres de long parfois, dans lesquels les traits fourmillants remplissaient des images, rappelant les signes curieux des vieux astrolabes.
Certes, l'art de Zendeh Roudi enfonce sa racine dans la très vieille tradition persane et remonte à l'aube de l'histoire où les Mages «Mogo» iraniens pratiquaient leurs sciences avec un art graphique consommé (n'est-il pas d'ailleurs admis que la magie a été à l'origine de l'art ?), mais cet art reste à jamais actuel en tant qu'expression la plus spontanée de l'âme d'un artiste nourri d'une civilisation millénaire, avec le souci constant d'une composition qui se veut plastique par-dessus tout. De l'art de Chahvagh, sculpteur peintre, nous ne pouvons, malheureusement faute de place, exposer qu'une seule oeuvre. Chahvagh pratique depuis des années un art en quête de la reconciliation entre une pensée métaphysique d'une part, et les exigences d'un art matériel de l'autre. C'est un art dualiste qui est en même temps issu de «Ahura-Mazda» et de «Ahriman». Qu'on ne nous en veuille pas si, dans une exposition de l'art actuel, nous insistons sur «l'affligeante !» tradition car c'est ainsi que nous pouvons rester effectivement nous-mêmes. Qu'il me soit permis de reprendre la fameuse déclaration de M. Danielou, comme conclusion au Congrès international de la musique de Téhéran : «C'est dans notre diversité que réside notre pouvoir d'échange. C'est lorsque chacun de nous est vraiment lui-même que nous sommes tous égaux et que nous pouvons parler la tête haute... sur le plan social, moral, musical, il n'existe pas de critère absolu...» et sur l'art plastique non plus, ajouterai-je.
Akbar Tadjvidi
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Section arts plastiques
Peinture et dessin
Setrak NAZARIAN
Né à Songhord en 1938
Nature morte, 1960 (huile, 45x60)
Fleurs, 1960 (huile et gouache, 48x74)
Nue, 1960 (huile, 90x70)
Sous la pluie, 1960 (gouache, 70x56)
Paysage marin, 1961 (huile, 60x90)
Paysage nocturne, 1961 (huile, 67x87)
Paysage, 1961 (huile, 75x96)
Hossein ZENDEH ROUDI
Né à Téhéran en 1937
Paon, 1960 (huile, 135x58)
Fatalité, 1960 (huile, 137x55)
F-Z-A-139, 1961 (aquarelle-encre, 177x72)
Y-A-36-L, 1961 (aquarelle-encre, 177x72)
A-L-D-26, 1961 (aquarelle-encre, 177x72)
Sculpture
Tchanguiz CHAHVAGH
Né à Téhéran en 1933
Ahriman, 1961 (ciment armé, 146x25) |