Corée du Sud
Commissaire généra : Kin Byung Ki
Président de l'Association des Peintres
Brûler de longues étapes jalonnées par la nécessité implacable de l'art moderne occidental, cela exige un courage inouï, une clairvoyance perçante; on y risque trop souvent, ou de gagner de fausses monnaies fastueusement brillantes, ou de se contenter d'un ascétisme fâcheusement défaitiste. Néan-moins, cette exigence est absolue et fatale chez tous les jeunes artistes coréens. Déshérités volontaires, et se trouvant pour cela même jetés, tout éblouis, au sein d'aventures humaines universelles, ils s'adonnent, à leur tour, à toutes les expériences possibles.
Incrédulité presque totale à l'égard de tout ce qui peut être considéré comme autoritaire, voilà un des signes les plus caractéristiques de notre jeune génération. Pour les artistes de cette génération, tout est à recommencer. II leur faut tout oser. Aussi n'hésitent-ils plus, par exemple, à être peintres abstraits, si téméraire que cela paraisse. Ils sont même persuadés d'en être d'authentiques et cela à juste titre. Car il s'agit pour eux qui vivent chaque jour le tragique, non d'une réalité extérieure, éphémère, telle qu'elle s'offre, mais d'une voix intérieure la plus secrète, la plus révélatrice de l'âme qui souffre.
En effet, notre pays reconnatt en ces toutes dernières années, et très tardivement bien sûr, les peintres abstraits de plus en plus nombreux, si bien que la peinture abstraite devient l'unique mouvement d'avant-garde, la tendance directrice de l'art coréen actuel. C'est que, pour les jeunes, la peinture d'académie des Beaux-Arts et de contemplation complaisante ne leur suffisait plus. S'il est vrai que nous avons eu déjà quelques peintres précurseurs dits abstraits, il n'en est pas moins vrai qu'il leur avait presque toujours manqué l'effervescence intérieure, la nécessité vitale. C'est seulement après la guerre, qui éclata en plein centre de son propre pays, au moment même où cette jeune génération, à peine dans sa vingtième année, allait se réjouir de la vie la plus passionnante et la plus idéalisante ou, plus exactement, après quelques années de tâtonnements incessants qui lui succèdent, que cette génération ambitieuse est enfin parvenue à avoir quelque chose à dire.
Regardons les choses de plus près ; vers l'année 1956, nous avons vu, ici et là, la blessure et le cri de nos révoltés s'exprimer en vertu du moyen te plus direct : « action-painting » ; après deux années successives de recherches un peu saccadées et individuelles, c'est-à-dire en 1958, cette activité, en s'imposant une discipline rigoureuse, s'est avérée la plus adéquate à l'expres-sion artistique de la volonté collective. Et voici les porteurs de nouveaux messages qui renvoient très volontiers leur tradition dite glorieuse et ancienne à leurs prédécesseurs. ; II serait donc irrévocablement abusif de définir en passant cette nouvelle tendance par le mot « mode ». Elle est bel et bien l'aboutissement, l'épanouissement naturel d'une volonté martyrisée mais inflexible. Oui, de cette volonté qui s'exprime aujourd'hui avec autant de puissance, malgré et peut-être à cause de la guerre dont l'adolescence saignante et sans appel de notre géné-ration garde des stigmates ineffaçables dans son âme et qui enfin, dans un coin isolé du monde où régnait une ignorance et une incompréhension accablantes, se fait jour sur la voie du salut.
YI I-Lie
Critique d'art
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Section arts plastiques
Peinture et dessin
Song Soum JEANG
Né à Hamheung en 1928
Oeuvre, 1961 (huile, 120x 100)
Tsang Sup JEONG
Né à Chungyu en 1927
Oeuvre, 1961 (huile, 160X120)
Yong-Ik JOH
Né à Bookchung en 1934
Oeuvre, 1961 (huile, 100x 130)
Tschang Yaul KIM
Né à Phyungyang en 1929
Oeuvre, 1961 (huile, 150x120) |