Introduction
Pour la deuxième fois, nous invitons les pays étrangers à
se faire représenter par leurs jeunes artistes pour permettre de
confronter leurs recherches. Pour la deuxième fois, nous invitons
le public à s'informer de ce que sont ces recherches. Quand, il y
a deux ans, nous avons commencé le large inventaire des promesses
et des espoirs dont s'exaltent les jeunes, nous avions le sentiment de nous
engager dans une entreprise un peu hasardeuse. L'accueil empressé
et la compréhension alors rencontrés, tant auprès des
exposants qu'auprès du public, nous ont imposé de continuer.
Nous repartons donc sur les mêmes bases, c'est-à-dire dans
l'esprit que nous souhaitons le plus large, car notre but n'est pas d'imposer
un style, mais au contraire de découvrir celui qui s'élabore
et de faciliter son éclosion.
Les seules contraintes que nous ayons dû maintenir sont les limites
d'âge (entre 20 et 35 ans) afin de souligner notre désir d'aider
la génération qui cherche à créer l'image de
son temps. Nous avons dû aussi tenir compte des limites d'espace,
parce que le local dont nous disposons, si vaste soit-il, a cependant une
capacité qui ne peut être dépassée. D'ailleurs
cette contrainte, si elle comporte des inconvénients individuels
- car chaque pays voudrait pouvoir être plus largement représenté
- a aussi l'avantage d'offrir au public un choix plus sévère
et d'éviter la fatigue, la saturation, qui sont toujours la rançon
des expositions trop abondantes.
Plus de cinquante pays ont répondu favorablement à notre appel.
Nous ne saurions trop les en remercier et nous en réjouir, car c'est
seulement par l'universalité de cette collaboration que la Biennale
des Jeunes prendra sa véritable signification et jouera le rôle
souhaité. Le fait d'avoir reçu tant d'encouragements, nous
a permis, nous a même incités à prévoir, dès
cette seconde manifestation, un programme plus étendu.
Nous avons notamment donné une importance plus grande à la
gravure et à son application au livre illustré. Nous avons
commencé à faire place au livre sur l'art, ainsi qu'au film
sur l'art. Nous avons ébauché une section de décoration
théâtrale, en liaison et en accord avec le Théâtre
des Nations. Nous avons surtout, avec le concours de la Radiodiffusion-Télévision
Française, ouvert la Biennale à la musique, dans ses expressions
les plus diverses.
Ainsi, rapidement, notre programme prend des dimensions qui correspondent
aux préoccupations actuelles et répond à ce besoin
d'échanges, de liaisons de plus en plus étroites entre les
différentes formes de la création artistique.
Pour toutes ces innovations, nous avons rencontré l'accueil et les
approbations les plus encourageants. La limite d'âge a été
scrupuleusement respectée par tous les pays, et même plusieurs
d'entre eux ont accepté, comme le suggérait la participation
française, de laisser également aux moins de trente-cinq ans
la plus large responsabilité du choix.
L'aide la plus efficace, la collaboration la plus active nous sont venues
de tous côtés, non seulement des hautes personnalités
qui ont bien voulu nous témoigner une fois encore leur confiance,
non seulement de l'équipe qui a assumé la tâche difficile
de donner une réalité vivante au projet, équipe qui
a montré en toutes circonstances un esprit d'initiative et de coopération
dont nous ne saurions trop féliciter et remercier chacun, mais aussi
des organismes ou entreprises avec qui nous avons eu à travailler
et qui ont montré un désintéressement dans lequel nous
voulons voir l'intérêt qu'ils ont témoigné à
notre manifestation.
La direction de la Radiodiffusion-Télévision Française
a mis, de la façon la plus large, ses services à notre disposition
pour réaliser la section musicale et organiser les séances
qui auront lieu tous les jours pendant toute la durée de l'exposition.
L'Institut International du Théâtre, le Centre Français
du Théâtre et le Théâtre des Nations nous ont
apporté un concours sans réserve pour l'organisation de la
section de décoration théâtrale.
Pour la section de gravure, nous avons trouvé auprès de M.
Julien Cain, Directeur Général des Bibliothèques de
France et Administrateur Général de la Bibliothèque
Nationale, et de ses collaborateurs, ainsi qu'auprès des Membres
du Comité National du Livre illustré français, l'aide
et la bienveillance qu'ils accordent à tout ce qui peut servir l'amour
du beau livre. En outre, M. Jacques Rigal a mis gratuitement à notre
disposition un ouvrier et une presse, afin de permettre le tirage des gravures
de la Biennale en public, tous les jours de 16h00 à 20h00.
Les papeteries de Montévrain nous ont offert gratuitement les feuilles
de vélin de Hollande des papeteries Royales Van Gelder Zonen d'Amsterdam,
pour le tirage des cent quarante épreuves numérotées
de chaque planche, et les papeteries du Moulin de Richard de Bas, celles
destinées aux dix épreuves du tirage de tête, marquées
de A à N.
Mesdames : Barbara KWASNIEWSKA, Yoskiko NOMA, Messieurs : Paolo BONI, Jean
PESCHARD, Arthur Luiz PIZA, ont accepté de graver spécialelement
pour la Biennale, et à des conditions très modestes, les planches
qui seront tirées à l'exposition.
Les Établissements André Debrie ont bien voulu mettre à
notre disposition les appareils et le personnel nécessaires pour
les productions cinématographiques.
De nombreuses galeries ont témoigné leur intérêt
pour la Biennale en organisant parallèlement des expositions annexes,
accordées à notre programme. De nombreux éditeurs de
livres et de revues ont bien voulu nous fournir des spécimens de
leurs publications, pour permettre aux visiteurs de se reposer au cours
de leur visite, en consultant les ouvrages qui reflètent les conceptions
nationales et internationales. M. Gheerbrandt, qui nous a efficacement aidés
pour l'organisation de la section de gravure, a également accepté
d'organiser un service de ventes pour les livres ou revues que nos visiteurs
voudraient acquérir.
La direction d'Entrepose a mis gratuitement à notre disposition,
pendant toute la durée de la préparation et de l'exposition,
le matériel d'échafaudage nécessaire pour construire
les ensembles de deux groupes collectifs.
Nous tenons à les en remercier tous très vivement, car nous
savons bien que sans eux il ne nous eût pas été possible
de montrer aujourd'hui au public l'ensemble que nous présentons et
qui, pour nous, a d'autant plus de valeur qu'il est le résultat d'un
effort, d'un espoir, vraiment collectifs.
II reste maintenant, pour savoir si tout ce travail n'a pas été
vain, à attendre le jugement de ceux, pour qui il fut pensé
et accompli, c'est-à-dire le jugement du public, celui des amateurs
autant que celui des artistes, puisque les uns et les autres sont intimement
liés pour définir l'avenir, même lorsqu'ils se croient
opposés.
Raymond Cogniat
Délégué Général de la Biennale de Paris |